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« Désert » et « fertilité »

7 juillet 2009

sapin au soleilLes rayons du Soleil cuisent doucement les aiguilles d’un sapin aux parfums exquis

Non, Véronique n’est pas enceinte. Je voulais dire par « fertilité », en opposition au pseudo « désert » de l’Okanagan que nous avons traversé avant de nous rendre au Centre de méditation Vipassana, que nous baignons maintenant, au jour où je vous écrit ces lignes, dans toute l’abondance et la profondeur des expériences que nous avons pu faire assis en tailleur pendant les 10 jours de la retraite. Pendant plus de 10 heures par jour, en silence complet, sans contact avec qui que ce soit entre nous, nous avions la mission de simplement observer les sensations dans notre corps, notre propre respiration, au fil des directives des enseignants. Réduire en mots ce qui s’est vécu là-bas serait fort réducteur de toutes les expériences si intenses dont mes cellules bourdonnent encore. Je me limiterai à dire que ce fut parmi les moments les plus intenses de ma vie, du moins intérieurement parlant. « Obligé » à descendre dans les profondeurs où l’on ne veut guère s’aventurer habituellement, de se lier d’amitié avec des sensations que l’on repousse normalement, voir qu’elles ne sont qu’énergie, impermanentes, éphémères, inoffensives malgré leur  apparence trop souvent terrible, qu’elles sont constituées de la même nature que celles que l’on aime, celles que l’on désire, celles qui nous rendent fébriles jusqu’à nous pousser à la dépendance. Tout cela se passe dans notre corps, via ce mental fou de réactions, en dépendant en fait pour sa propre survie illusoire. Observer cela en toute objectivité, sans réagir, sans étiqueter telle ou telle perception. Sentir l’expérience avec toute notre présence, en toute ouverture. Voilà ce qu’il faut maintenant continuer à pratiquer dans cette vie qui recommence à être trépidante, à la sortie de la clôture à ours électrifiée du Centre isolé de toute distractions. Et ce n’est pas facile.

Une impression de décor de film western me vient en regardant « le monde » depuis ces jours de claustration. Tout semble stable et permanent, on aimerait tant le croire, mais rien de cela n’est vrai: Un continuel mouvement d’atomes, sans aucune densité réelle, uniquement pure énergie. Rien n’est saisissable, la naissance et la mort passe des milliers de fois à la seconde. Du point de vue du « petit moi », celui qui se croit être « quelqu’un », celui qui s’acharne à s’agripper au flot, c’est terriblement effrayant. Mais si on s’abandonne à cela, par l’expérience réelle dans notre corps, non de concepts intellectuels superficiels, en acceptant vraiment ce vide inévitable et infini sous nos pieds, cette impermanence de tout ce que l’on croit ou espère « durable », la libération est merveilleuse au-delà de toute imagination. L’effleurement de cette libération m’a à certains moments fait trembler, à d’autres dissoudre de légèreté.

osoyoos

Osoyoos et son « désert » vu d’en haut du versant Est

Bon, toujours est-il que parlant de décor western, pour rester pour ainsi dire sur le plancher des vaches, déblatérons « désert ». L’Okanagan est sec et aride mais ce n’est pas un désert comme nous espérions le découvrir. Des vignobles et des vergers de fruitiers plantés dans le milieu d’une terre certes inhospitalière sans les tonnes d’eau qui y sont irriguées artificiellement. Des versants et vallées rappelant la vibe de l’Arizona ou de la Californie. Beaucoup de retraités, des grosses baraques et un feeling de consommation de l’espace un peu troublant. La saison des récoltes est commencée, quoiqu’en retard cette année à ce que l’on peut entendre, les jobs de « picking » que les Québécois attendent aux côtés des Mexicains et autres Latino-Américains afin de s’arracher les quelques postes de monteux d’échelles. Nous avons savouré déjà de merveilleuses framboises, cerises et fraises locales, ces dernières parmi les meilleures que j’aie goûtées, sans compter les petits-pois tout dodus du soleil et de l’eau qu’ils ont bus. Il n’y a pas à dire, monde illusoire ou pas, l’impermanence de ces choses canalise des saveurs délicieuses!!! Merci la Vie.

okanagan

Vallée de l’Okanagan, un contraste frappant de végétations différentes

Dans quelques heures à peine nous rejoignons nos prochains hôtes Wwoof, Stellar Seeds, à Sorrento dans les Shuswap. C’est une ferme maraîchère et de production de semences biologiques. Nous devrions y être pour les deux prochaines semaines. On vous tient au courant des découvertes et expériences qui s’annoncent, c’est promis! Alors à très bientôt!

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Avant le silence… Bouchées indiennes et boules au cacao et aux fleurs

22 juin 2009

nuages kaslo

Nos aurevoirs à nos hôtes wwoof et à la jolie ville de Nelson auront été fait sous une averse de pluie admirable. Nous avons repris la route ce matin après trois semaines paisibles et nous nous dirigeons maintenant, via la vallée de l’Okanagan, vers Merritt et son centre de méditation Vipassana où une retraite silencieuse de 10 jours nous attend à partir de mercredi. 10 jours donc sans pouvoir vous donner de nouvelles. 10 jours aussi à ne pas manger forcement cru, ce n’est pas la fin du monde bien évidemment, on verra comment nos corps réagiront à ce petit changement d’habitude.

Notre dernier popottage cru à la ferme fut mémorable. À l’occasion du potluck de l’Open House de la communauté cette dernière fin de semaine, nous avons concocté, dans un élan intéressé, des gâteries que nous allions au moins pouvoir manger (nous sommes en cure « sans aucun sucrant que se soit). C’est sur une table colorée de verdures sauvages, de salade d’amandes et de graines de chanvre germées, d’hummus, de ratatouille, de chili con carne de caribou, de muffins aux betteraves (que Véro a préparé également soit dit en passant…), de pousses de tournesols, de risotto à la féta et tomates séchées et bien d’autres, que se sont retrouvées nos gourmandises crues dont je vous présente les recettes:

boules roses et indian things

 

BOUCHÉES INDIENNES À LA CARDAMOME

1 1/2 de farine de noix de coco crue

1 1/2 d’amandes pré-trempées puis moulues

1 tasse de beurre de coco

10-15 gousses de cardamome

1 pincée de stévia concentré en poudre

1 pincée de sel de mer

Bien mélanger le tout jusqu’à l’obtention d’une pâte ressemblant à celle d’un sablé. Façonner en un grand carré plat que l’on coupera en bouchées triangulaires. Réfrigérer au moins une heure avant de servir. 

Recette fraîchement inventée par Véro afin d’assouvir mon désir envers les petites pâtisseries indiennes que l’on retrouve chez Pushab à Montréal… et, ma fois, cette version végétalienne et crue m’enchante encore plus! Si simple et si délicieux!

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BOULES DE CACAO À LA LAVANDE ET À LA ROSE

1/4 tasse de graine de chia moulue

1/4 tasse de graine de lin moulue

1/4 tasse de farine de noix de coco crue

1/2 tasse de beurre de coco

2 cuillères de tahini cru

1/3 tasse de poudre de cacao crue (ou de caroube pour les moins cochons…)

5-6 gouttes d’huile essentielle de lavande

1 bonne pincée de stévia concentré en poudre

1-2 pincées de sel de mer

Poudre de pétales de rose (pour la déco)

Mélanger le tout, sauf la poudre de rose, avant de façonner de petites boules. Rouler ces dernières dans la poudre délicatement aromatique. Réfrigérer au moins une heure avant de servir.

Une version florale d’un classique adapté de mes « boules d’énergie » d’habitude sucrées aux dattes et au sirop d’agave. Plus soft certes, elles n’en sont pas moins délicieuses et santé, ajoutant d’une manière agréablement sournoise une bonne dose de  fibres dans votre bol alimentaire…

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À bientôt!!!!