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Chutney aux abricots et tamarin

25 juillet 2009

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Notre séjour sur la ferme de Stellar Seeds s’achève dans quelques jours. Trois semaines de sécheresse  à désherber et récolter maints légumes dans des rangs dignes des kibboutz les plus pittoresques, à partager et à apprendre avec des personnes délicieusement inspirantes, à vraiment bien manger, à expérimenter et créer de nouvelles recettes crues. Les derniers jours nous ont forcés à nous lever même avant l’aube tant la chaleur accablante de l’après-midi était intense. À 5h du matin, on découvre que tout est si calme, que le sol poussiéreux revêt, malgré les dernières semaines sans la moindre goutte de pluie, une fraîcheur exsudée magiquement des tréfonds terrestres par les plantes pendant la nuit.

Si plusieurs fermiers sont désespérés par cette bouderie céleste, les puits artésiens ne fournissant plus la demande en irrigation, l’abondance estivale est tout de même en pleine effervescence: Après l’époque des fraises, cerises et verdures variées,  c’est maintenant l’essor des groseilles, cassis, framboises, abricots, maïs, carottes, tomates, poivrons, choux et bien d’autres, bien d’autres à venir, à quotidiennement bénir notre table de leur présence bienfaitrice. Nos sessions de « crudinage » s’en trouvent exponentiellement rehaussées en variété et fraîcheur, c’est tout simplement trippant.

Je vous en partage ici une douce recette, à la préparation ridiculement facile, née tout juste de cet élan que l’été nous apporte:

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CHUTNEY AUX ABRICOTS ET TAMARIN

Le chutney est habituellement un condiment à base de fruits, de légumes et d’épices, légèrement sucré et vinaigré, qui a la fonction d’accompagner des plats salés afin de contribuer à l’équilibre des saveurs. Cette version née de l’assemblage des produits locaux et saisonniers (et de l’hémisphère droit de ma masse cérébrale…!) sait marier le fruité de l’abricot, du tamarin et du vinaigre balsamique aux parfums puissants et gourmands de l’ail et du romarin. À servir aux côtés de bouchées aux noix ou au sésame, de pilafs, de craquelins vivants servant à monter des hors-d’oeuvres, tartes salées, etc… Il se conservera facilement une bonne semaine au réfrigérateur.

12 abricots frais

2 cuil. à thé de pâte de tamarin (ou la chair d’environ 4 gousses) -peut être trouvé dans les marchés asiatiques ou indiens-

2 gousses d’ail moyennes broyées

1/2″ de gingembre frais haché finement

2 cuil. à soupe de sirop d’agave cru

2 cuil. à thé de vinaigre balsamique

1/2 cuil. à thé de jus de citron

1 pincée de sel de mer

6-8 feuilles fraîches de romarin -roulées délicatement entre les doigts afin d’en extraire les huiles essentielles volatiles-

–> Masser doucement les abricots frais au préalable s’ils ne sont pas assez mûrs. Couper ces derniers en fines lamelles à l’aide d’un bon couteau. Dans un bol, incorporer les autres ingrédients aux abricots et masser le tout avec les mains (quel plaisir!) ou à l’aide d’une spatule afin que se lient les différents éléments. La consistance peut être ajustée avec un peu d’eau pure au besoin, tout en sachant que la texture désirée ressemblera plutôt à celle d’une confiture épaisse qu’à une sauce liquide. Laisser reposer quelques heures au réfrigérateur avant de servir.

N’hésitez pas à nous laisser vos commentaires, nous aimons tellement ça avoir de vos nouvelles et connaître vos impressions!

À très bientôt j’espère! :)

Bronzage, pieds sales et croquettes aux noix

18 juillet 2009

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Par où commencer tant il y a de choses à dire? Tant de micro-détails se sont manifestés depuis mon dernier billet! « Keep it simple », me dis-je… D’abord, il y a eu des sessions intenses de désherbage et de récoltes. Il y a eu , y a encore maintenant et y aura apparemment pour les jours à venir, ce Soleil, intense, brûlant, cuisant nos chairs à longueur de journée dans les rangs de légumes (pas de pluie ici et des 35C à l’ombre toute la dernière semaine), ce plaisir retrouvé de marcher pied nu sur la terre grasse, de suer, d’avoir les cheveux gras et de s’en foutre… de devenir un « Dirty Organic Farmer » comme ils disent ici! Mes muscles se tonifient enfin, je retrouve des allures de mes années pré-citadines, ça fait du bien de se sentir homme à nouveau. Côté bouffe, la grande ouverture de nos hôtes, Patrick et Colleen, envers l’alimentation vivante fait que nous mangeons beaucoup mieux, cru et frais du moins. En fait, presque tout vient du jardin (même la bière – la microbrasserie bio Crannog Ales étant située à même la propriété -!) mis à part des fromages et pains produits localement. Nous nous pratiquons beaucoup à « crusiner », si ils n’étaient pas eux-mêmes des « Poor Organic Farmers », ils ne cessent de dire qu’ils nous embaucheraient assurément juste pour faire la popotte tant ils aiment ce que nous leur concoctons au fil des jours. D’ailleurs, plusieurs nouvelles recettes et projets sont nés au cours des derniers jours (voir recettes plus bas). Nous nous promettons de vous partager tout cela dans nos articles à venir.

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Laitue s’apprêtant à fleurir (à gauche)/ pavots, brocolis, poireaux pour semences (à droite)

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Patrick et Colleen devant une tablée de nos créations vivantes

Si le corps va donc beaucoup mieux, il en est de même pour mon esprit. Depuis le Vipassana, la digestion de tout ça s’est avéré fructueuse. Le silence et l’espace dans ma tête fait du bien. Le coeur s’ouvre chaque jour toujours encore plus, la respiration devient plus profonde. Je trouve que la nature aide beaucoup pour ça. Je redécouvre également avec beaucoup de joie et de gratitude les enseignements d’Eckhart Tolle, un rappel à l’acceptation inconditionnelle de l’instant qui se présente à chaque seconde. Sans résistance, la Vie s’occupe de tout, il ne reste qu’à se laisser porter en observant ce film qu’est l’existence et que l’on prend trop souvent sérieusement. Peut-être penserez-vous qu’il est plus facile d’embrasser « ce qui est » lorsque l’on est en vacances? Oui mais non. Grosses ou petites, des tensions intérieures, y’en a incessamment où que l’on soit, je peux vous l’assurer!

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La récolte de l’ail et son séchage

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Véronique récoltant le basilic pour le marché fermier du lendemain

Après des sessions intenses de désherbage, la récolte de milliers de bulbes d’ail a tiré tout notre jus au cours des derniers jours. Stellar Seeds produit annuellement plus de 20 différentes variétés d’ail biologique avec des noms tels que Georgian Fire, Joe’s Artichoke ou Russian Red pour le marché fermier local et pour les deux « Garlic Festivals » prenant place annuellement en Colombie-Britannique. En plus des dizaines de variétés de légumes et petits fruits que nos hôtes vendent également au « Farmers Market » du samedi matin, Patrick et Colleen cultivent avec, je trouve, une grande humilité et expertise, environ 200 variétés de semences biologiques. En constatant par moi-même à quel point ils prennent soin de leurs cultures et la sélection minutieuse de leurs plants-mères, je conseille véritablement à tout jardinier de se procurer ses futures semences de jardin via leur site web. À voir aussi comment ils ont commencé de rien et comment leur entreprise grandit, ils nous donnent l’envie et le courage de continuer à nourrir les projets qui nous attendent de retour chez-nous. Parlant de ça, voici donc une de mes dernières improvisations:

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Croquettes de noix et légumes du jardin (donne environ 8 escalopes)

2 tasses de noix de grenobles grossièrement hâchées

1/2 tasse de graines de lin moulues

1/2 tasse de tomates séchées préalablement trempées puis coupées

1 poivron rouge, jaune ou orange coupé en petits dés

1 carotte râpée

1 oignon vert (échalotte) hâché

4 brins de persil hachés

2 gousses d’ail broyées

2 cuil. à soupe d’huile d’olive

2 cuil. à soupe de sauce Bragg ou sauce tamari

1 cuil. à thé de graine de coriandre moulue

1 pincée de poivre , de piment de cayenne et de sarriette

un peu d’eau pure (au besoin) pour l’obtention d’une texture collante pas trop liquide

–> Mélanger d’abord tous les ingrédients sauf l’eau que l’on ajoutera graduellement en dernier pour obtenir la consistance collante et pas trop liquide. Façonner des boulettes de la forme désirée avec les mains (propres! :). Passer à l’étape suivante en les roulant dans la panure:

Gomashio vivant

1/4 de tasse de sésame décortiqué (blanc) moulu grossièrement

1/2 cuil. à thé de sel de mer

quelques gouttes d’huile de sésame rôti (j’le sais, c’est pas cru…)

–> Bien mélanger et that’s it!

Déshydrater les croquettes pendant une dizaine d’heures à 105F en les tournant de bord à mi-course (pas de feuilles teflex nécessaires normalement si la texture est assez ferme). Avant de les savourer nature, vous pouvez céder à la tentation de les napper de cette sauce également sortie de mon imagination:

Coulis rafraîchissant au citron, au basilic et à l’ail

3 feuilles de bette à carde

2 tasses de feuilles de basilic fraîches

1 cuil. à soupe de beurre de cajou ou de macadame

4 cuil. à soupe d’huile d’olive

3 cuil. à soupe de jus de citron

4 gousses d’ail

sel et poivre (au goût)

–> Passer tous les ingrédients au mélangeur jusqu’à leur réduction en purée crémeuse.

Ce qui est merveilleux avec le cru c’est que, même par une journée ultra-chaude comme celles que nous avons connues, tout est rafraîchissant, même ce qui est plus consistant. Accompagnées d’une salade de roquette, ces croquettes furent un véritable régal. Bon appétit et à bientôt!!!

Production de graines, pesto cru de fleurs d’ail, restriction alimentaire, alouette!!

12 juillet 2009

Stellar seedsAprès maintenant quelques jours depuis notre sortie du centre de méditation, nous sommes complêtement revenus sur le plancher des vaches (expression un peu mal adaptée à notre situation, on devrait plutôt dire le plancher des cerises, des fraises, des framboises….). Nous sommes arrivés sur la ferme qui sera notre maison pour les prochaines 2 semaines, la ferme de Stellar Seeds, spécialisée dans la production de graines de légumes bio et de fleurs (il est d’ailleurs possible de se procurer leur graines du Qc!). Quand on nous a annoncé que nous devions travailler 8 heures par jour, nous étions un peu perplexes, le double de ce que nous faisions sur l’autre ferme! Finalement, forts de nos 10 jours assis sur notre popotin, les journées passent à une vitesse phénoménale J Le travail est varié et nous sommes toujours au moins en pair pour pouvoir jaser et apprendre davantage: désherbage, transplantation de laitues, taillage de plants de tomates, cueillette de légumes varié et de fines herbes pour vente au ‘Farmers market’. Le tout est fait à relativement petite échelle mais bien structuré, comme la ferme roule depuis 8 ans maintenant…. reste que déjà mes mains se transforment en quelques membres rugueux et douleureux (en attendant d’être musclés), labourant la terre, arrachant chiendents, chardons, chénopodes, amaranth… Heureusement, il y a le lac Shushwap à 15 minutes de marche, qui est un baume pour l’extérieur comme pour l’intérieur. La température dans la région est parfaite (sans vouloir provoquer qui que ce soit) ni trop chaude, ni trop froide et avec très très peu de pluie. En fait les nuages semblent éviter la vallée, ils nous entourent souvent mais nous survolent rarement!

 du soleil plein la face

 Notre première journée de travail fut marquée par l’anniversaire de Patrick, le propriétaire de Stellar Seed. À cette occasion, un Potluck fut organisé avec plusieurs de leurs amis et fermes bio du coin. Tous autour du feu en début de soirée, nous avons déguster plein de petits délices dont cette magnifique trempette à la fleur d’ail, composé par notre hôtesse, Coleen, et adaptée ici pour le cru. Elle se mange et se présente un peu comme une guacamole mais ravit nos papilles par sa singularité.

Pesto vivant à la fleur d’ail :fleurs d'ail

1 tasse de noix de pin et/ou noix de grenoble

¼ lb de fleurs d’ail (avec la tige)

3 c.à table de jus de citron ou de lime

½ t d’huile d’olive extra vierge

sel

Dans un robot culinaire, mettre en purée les fleurs d’ail et les noix avec l’huile d’olive. Ajouter les autres ingrédients et bien mélanger.

Servir en trempette pour légumes, craquelins ou même sur des zucchinis en juliennes (comme des pâtes).

 

À la découverte de la restriction alimentaire

Un de nos petits plaisirs ici est que nous devons à tour de rôle préparer le repas et nous avons bien l’intention de leur faire découvrir un peu plus de cru pendant que nous y sommes. Oui nous aimerions en manger plus de ce cru, qui nous manque un peu alors que nous nous trouvons en période d’abondance de kale, bette-à-carde, laitue, carrottes et fruits de toutes sortes. Tout de même,  à la ferme comme au centre de méditation, la présence de cette ‘contrainte’ m’a permis d’explorer un aspect intéressant d’une l’alimentation saine et consciente : la restriction alimentaire. Ce qui m’a plu au premiers abords du cru c’est la sensation de légèreté après le repas, pas de baisse d’énergie, pas d’envie de faire la sieste, juste du bon carburant pour continuer la journée et même se sentir de mieux en mieux au cours la journée.

Durant notre cours de 10 jours, nous n’avions pas accès à beaucoup de légumes crus mais ne pouvions manger que 2 fruits et un thé après midi, au souper. Il était fortement déconseillé de manger 2 ou 3 assiettes pour compenser au déjeuner et au dîner. L’idée est de garder l’esprit clair pour la méditation mais aussi de maximiser notre métabolisme entier (assimilation des nutriments/ répartition de la dépense énergétique, regénération du corps, gestion et élimination des toxines….lorsque le corps est libre de toute tâche de digestion, il peut vaquer à une foule d’autres activités). Je me suis prêtée au jeu un peu sceptique d’abord, pour constater que ce régime me ravit! D’abord à chaque repas, il faut s’arrêter avant la satiété. Saviez vous que le message qu’envoie l’estomac au cerveau pour dire qu’il est plein prend 10 à 15 minutes pour faire la route?! Si vous mangez encore lorsque vient la satiété, il est donc déjà trop tard. À 2/3 plein, c’est parfait, dur mais parfait. Et pourquoi c’est si dur de s’arrêter? Et bien il faut se demander à ce moment pourquoi on mange! Pour nourrir le corps et lui amener ce dont il a besoin pour fonctionner? Ou plutôt parce que c’est bon et qu’on en veut encore plus? ….le réconfort que l’on trouve dans la nourriture est immense, il faut bien le reconnaître. Et si on regarde consciemment l’inconfort en nous qui nous mène à manger plus, il est déjà moins inconfortable. Et notre corps s’en trouve beaucoup mieux dans les heures qui suivent l’ingestion.

D’où vient l’idée de manger très légèrement voir pas du tout au souper? La médecine chinoise traditionelle et l’ayurvéda considère respectivement que le feu digestif de l’être humain est à son plus fort entre 6h am et 10h am et entre 10h am et 12h am. Après 6h pm, il est à son plus faible. Lui envoyer un t-bone au souper résultera en une nuit moins reposante et regénératrice pour nos cellules comme toute l’énergie sera monopolisée par la digestion. J’avais lu tout ça il y a déjà quelques temps mais d’en faire l’expérience a beaucoup plus de valeur. Ceux qui me connaissent sont au courant de ma ‘petite nature’ et de mon attachement au sommeil loooooooong, le plus long possible, 9 à 10 heures idéalement. Et bien, durant le Vipassanna, je dormais entre 3 et 6 heures par nuit. Si d’habitude je me serais transformée en loque humaine, j’étais complêtement radieuse et rafraîchie! Oui l’attitude et la transformation de mes programmations mentales y jouent un rôle mais la nourriture est, j’en suis convaincue, un élément important. J’ai remarqué très rapidement que cru ou cuit, si je mange trop ici, à la ferme, je suis beaucoup moins dynamique et légère durant la journée et ma nuit semble lourde et peu satisfaisante.

 Mais surtout ne me croyez pas sur parole et faites-en l’expérience, comme le répète souvent M. Goenka. Il n’y a rien comme l’essai pour trouver ce qui nous va le mieux à nous, après tout, nous sommes tous uniques!

la ferme