Posts Tagged ‘recettes crues’

Océan et salade d’algues

23 août 2009

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Ça sent bon la mer. Les pieds calés dans des débris de coquillages pulvérisés s’accumulant depuis des lustres, l’océan s’offre devant nous dans toute sa nudité. Il y a d’abord cet horizon si vaste, encombré de presque rien mis à part quelques fois par le saut d’une baleine au loin. Et cette énorme place qu’a le Soleil pour rayonner de tout son arc. Il y a aussi ces vagues écumantes, bien plus fougueuses que celles mourant sur les plages des îles du golfe, léchant presque nos talons à marée montante si nous ne prenons gare à elles. Car ici, sur la côte ouest de l’île de Vancouver, c’est connu, c’est le paradis des surfeurs… mais j’ajouterais: …et des algues! Car en effet, quoique personne n’en tienne bien compte, ici viennent s’échouer un grand nombre de ces « herbes de mer » de tous genres, aux textures et couleurs variées, s’entassant en grands rangs serrés sur les berges, tels ceux de salades printanières dans un jardin fertile.

algues

Probablement inspiré par ces laitues gluantes, je m’adonnai à popotter cette salade que je vous présente aujourd’hui et à qui, je l’espère tant pour vous que pour elle, vous donnerez une chance de se montrer délicieuse à vos papilles et nutritive pour votre hémoglobine:

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SALADE D’ALGUES ET DE KALE AU SÉSAME

1 tasse d’algues Dulse (Petit-Goémon) trempées dans l’eau tiède puis rincées, entières ou coupées

1 tasse de Varech ou de Nori sauvage, trempées dans l’eau tiède puis rincées, entières ou coupées

2-3 feuilles de kale coupées en lanières fines puis attendries*

1 échalotte coupée finement

1/2″ racine de gingembre frais râpée ou finement émincée

3 cuil. à soupe de graines de sésame (beige ou noir)

1 cuil. à soupe d’huile de sésame rôti

1 cuil. à soupe de vinaigre umeboshi

1 cuil. à soupe de jus de citron

1 cuil. à soupe de persil frais hâché finement

1 pincée de cayenne (facultatif)

–> Incorporer tous les ingrédients dans un saladier de sorte à faire une salade bien homogène… que dire de plus!

*Technique d’attendrissement du kale: Placer les feuilles coupées dans un bol. Ajouter un peu de jus de citron (plus ou moins 1 cuil. à thé pour 5-6 feuilles) et 1-2 pincées de sel. Avec les mains, les masser pendant une minute sans trop les épargner, vous verrez qu’elles sont capables d’en prendre! Laissez les reposer 5 minutes environ puis recommencez à les masser quelques secondes. Voilà! Les feuilles devraient avoir pris une texture plus tendre, d’apparence légèrement cuites.

Cette salade est tellement riche en minéraux, vitamines et protéines que mes veines en palpitent juste après l’avoir ingéré! S’il est vrai que la texture et la saveur des algues ne fait pas le charme de tous, il reste qu’après les toutes premières bouchées, on risque d’y prendre goût! Le gingembre et le sésame rôti donne un caractère bien terrestre et chaleureux à ces verdures du fond de l’océan froid et mystérieux… À servir avec des légumes craquants ou des craquelins de lin par exemple.

tsunami

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Confiture vivante de mûres à la lavande

14 août 2009

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Après la pluie bienfaitrice des derniers jours, les mûres dans certains bosquets sont grosses comme des cerises, explosent presque dans nos mains tendues entre les tiges épineuses tant elles sont heureuses d’être cueillies. Les voitures des locaux sont stationnées parfois sur des bords de routes escarpés, leurs bras en l’air, détendus et joyeux, leur pot de yogourt possédant l’agréable destin d’être rempli de la grande générosité de la nature.  Les pommes, les prunes et  les abricots sont là également… c’est le temps des confitures! Mais pour moi, quand je vois toutes ces personnes se ruer sur leurs pots mason poussiéreux pour les stériliser, cuire patiemment ces baies délicieuses dans l’espoir d’un hiver plein de couleurs sur leurs tartines, je pense aux kilos de sucre blanc qui seront malheureusement versés sur tous ces pauvres fruits. La santé vibrante empoisonnée au nom de la conservation… Je préfère de loin la congélation de toute cette abondance si je devais choisir. Et comme j’aime la confiture et que ces fruits frais me crient de venir à eux, je me suis adonné cette semaine à concocter cette « crufiture » de mûres:

CRUFITURE DE MÛRES À LA LAVANDE ET AU POIVRE

2 tasses de mûres écrasées à la fourchette

4 cuil. à soupe de sirop d’agave cru ou de miel non-pasteurisé

2 cuil. à soupe de graines de chia moulues

1 goutte d’huile essentielle de lavande bio (de bonne qualité, pas d’Adrien Gagnon ou de boutique indienne svp!)

1 pincée de poivre moulu

–> Mélanger tous les ingrédients dans un bol jusqu’à l’obtention d’une texture de confiture, le chia gélifiant le tout après quelques minutes de repos. Conserver en tout temps au réfrigérateur pour plusieurs jours (plus d’une semaine).

À savourer sur une crème de noix de coco glacée, dans des granolas vivants, du kéfir de noix ou simplement sur une tranche de pain de grains germés. Cette recette peut servir de simple inspiration pour vous, varier les fruits et les huiles essentielles/épices au fil de vos goûts et des produits disponibles en saison. Dans le cas des huiles essentielles, il sera important de vous informer préalablement sur le web à propos desquelles vous pourrez utiliser « en interne » en toute sécurité dans votre nourriture, spécialement si femme enceinte ou enfant il y a. Parmi les quelques unes que nous utilisons régulièrement  et parcimonieusement figurent la lavande, la rose, l’orange, le gingembre, l’ylang-ylang, la menthe, le basilic, le romarin… Je vous souhaite maintes créations et délectations!


mures - salt spring island

Lacto-fermentations, saveurs locales et Salt Spring Island

9 août 2009

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Salt Spring Island. La plus grosse île de l’archipel du sud du golfe de Georgie, juste entre Vancouver et Victoria. Je suis en amour avec l’endroit. Non seulement le cadre dans lequel l’océan se révèle est superbe mais la nature y est spécialement magnifique, l’île située en pleine zone des Rainforests. Nous sommes hébergés sur une ferme/communauté travaillant en permaculture et qui est axée sur l’éco-foresterie, donc de l’usage et la gestion écologique et raisonnée de la forêt. Certains arbres y sont énormes, parmi les plus gros et grands que j’aie eu la chance d’admirer jusqu’à maintenant. Et si l’île est si belle, c’est aussi parce que les gens que j’y ai rencontré et qui y habitent sont si gentils, ouverts, hospitaliers, colorés, chaleureux. Je n’ai jamais vu d’endroit aussi riche en vie alternative. C’est presque un rêve pour un grano tant il y a, d’une manière concentrée sur l’île toute entière, de fermes biologique ou de communautés alternatives, de centres de méditation ou de yoga, de cafés bio et équitable, de marchés locaux. Au bord des routes, des kiosques aux fruits, légumes ou oeufs à vendre se succèdent, quoique pourtant inhabités… puisqu’ici la coutume est de venir se servir soi-même et, en toute honnêteté, de mettre les sous nécessaires dans une boîte (souvent non-cadenassée) à même le kiosque. Les gens ici semblent se faire confiance, les vitres des voitures baissées en plein stationnement de centre d’achat, les ordinateurs portables laissés sans surveillance sur la table d’un café pendant plusieurs dizaines de minutes, les vélos déposés simplement sur le côté d’un commerce. Ici, « faire du pouce » est d’usage courant par on dirait tout le monde, un moyen de se rendre à son lieu de travail sans crainte d’arriver en retard, la moyenne d’attente est apparemment de 2 minutes maximum pendant le jour. Un paradis parfait pour l’alternatif? Le seul bémol est de l’ordre pécunier: tout est extraordinairement dispendieux.

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Sur la ferme, nous partageons presque tous les moments avec nos amis Andrew et Chaylene ainsi qu’une autre gentille wwoofeuse britannique du nom de Hannah. Ensemble, nous avons passé de très beaux moments depuis notre arrivée mardi dernier, ce relent de sociabilité nous fait le plus grand bien après notre dernière étape difficile sur l’île de Galiano (voir article précédent). Dès notre arrivée, plusieurs opportunités se sont offertes à nous, des rencontres se révélant savoureuses et pouvant porter fruits se sont montré le bout du nez… Parmi les belles personnes dont nous avons fait connaissance, Luba, lumineuse créatrice de gourmandises vivantes rencontrée au marché local du samedi et avec qui nous risquons de rester en contact pour l’organisation d’un potluck cru avec la communauté crudivore de l’île.

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Avant la parenthèse sur Galiano il y a eu notre dernier moment à Stellar Seed qui fut des plus spécial: Un potluck ayant comme thème « ingrédients provenant de moins de 100 pieds du lieu de préparation du plat cuisiné ». En effet, consommer localement avec « The One Hundred Mile Diet » devenant de plus en plus populaire un peu partout en Amérique, nos hôtes ont trouvé intéressant d’organiser un événement avec une distance encore plus courte de 30 mètres environ, se voyant donc pratiquement s’arrêter aux limites des jardins ou fermes des participants. Ainsi, des tablées de salades diverses, bouchées aux herbes, tartes salées, viandes préparées, maïs sucré, pains frais, cidre maison, bières, fruits et dessert, furent avalées avec entrain par une cinquantaine de personnes venues des fermes bio voisines. J’y avais bien sûr préparé quelque chose de cru, une recette que j’avais anticipé plusieurs jours à l’avance et qui fut élaborée presqu’à 100% avec des ingrédients du jardin adjacent à notre chambre:

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KIMCHI ou LACTO-FERMENTATIONS ÉPICÉES

La fermentation lactique (pourtant possible sans lait!) est un procédé naturel par lequel des bactéries amies, de l’ordre des probiotiques, transforment les glucides de certains légumes en acide lactique, leur permettant ainsi une meilleure assimilation de leurs éléments par notre système digestif et une conservation accrue. Comme pour le yaourt ou le kéfir, ces aliments deviennent des alliés de choix pour notre flore intestinale. La choucroute est le meilleur exemple de ce type de fermentation. Cette version inspirée du Kimchi, célèbre lacto-fermentation coréenne, demande de 4 à 6 jours aux bactéries lactiques pour fermenter les ingrédients ci-bas, le miso non-pasteurisé servant de culture active de départ:

Matériel:

-un grand bocal à cornichon d’un gallon (ou si plus petit bocal, couper les quantités de la recette pour obtenir les bonnes proportions);

-un plus petit bocal (ou un verre) rempli d’eau pure possédant un diamètre légèrement inférieur au goulot du grand bocal;

-un pile-patate;

-un grand bol ou bac, couteau, planche à couper

-un tissu propre ou coton à fromage

-Une pièce tempérée entre 20C et 25C

Ingrédients:

2 choux verts moyens coupés assez finement (garder entière au moins une grande feuille extérieure de l’un d’eux, conserver de côté)

6 carottes râpées ou en rondelles très minces

2 oignons tranchés finement

2 poivrons jaunes, oranges et/ou rouges coupés en lamelles

6-8 gousses d’ail broyées

3-4″ de gingembre frais émincé finement

2 cuil. à thé de miso non-pasteurisé

3 cuil. à soupe de sel de mer

2-3 pincées de chacune des épices suivantes:  graines de carvi, de coriandre, de moutarde, poivre noir en grains, cayenne


–> Dans un grand bol ou un bac, mélanger tous les ingrédients. Avec des mains propres, masser les légumes vigoureusement pendant le brassage. Laisser reposer une quinzaine de minute puis brasser quelque peu à nouveau. Commencer à remplir le grand bocal du mélange en tassant fermement le tout à l’aide du pile-patate à chaque 3″ environ. Le jus des légumes devrait commencer à monter au fur et à mesure du tassage. Arrivé jusqu’au début des « épaules » du bocal, -lorsqu’on les presse,- les légumes devraient être complètement sous le niveau du liquide extrait par le tassage. Placer la grande feuille extérieure de chou que l’on avait réservée sur le mélange, à l’intérieur du bocal, afin de former un genre de couvercle touchant les légumes. Mettre ensuite le plus petit bocal (ou verre) rempli d’eau dans le goulot du grand bocal, afin de créer un poids servant à conserver en tout temps le mélange et sa feuille de chou sous le niveau du liquide. Dans une pièce tempérée (20-25C), recouvrir le tout d’un tissu propre ou d’un coton fromage afin de s’assurer qu’aucune bestiole n’ira s’y noyer ni poussière s’y déposer. Laisser fermenter tranquillement tout ce beau monde pendant 4 à 6 jours en prenant soin de ne rien déranger des bocaux ou du mélange mis à part de venir renifler quotidiennement l’évolution aromatique de la fermentation. Vous pourrez constater qu’à chaque jour, le kimchi prendra une odeur de plus en plus vinaigrée, ce qui est tout à fait normal. Une bonne ventilation du lieu pourrait être nécessaire surtout si la pièce est habitée pendant le jour (ou la nuit) et que l’odeur vous déplaise quelque peu… Après les jours écoulés, mettre le tout au réfrigérateur (en fermant le couvercle du bocal ou en transférant le tout dans des plus petits bocaux mason fermés de leurs couvercles) afin de stopper la fermentation. Consommer immédiatement ou conserver pour plusieurs mois à condition de conserver le tout au frigo en tout temps.

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Une image d’un autre blogueur épris de fermentation juste pour vous montrer l’idée « du mélange sous le liquide » et « du p’tit bocal dans le grand pour faire du poids »… les élastiques ne m’ont jamais été nécessaires dans le passé mais pourquoi pas?

Chutney aux abricots et tamarin

25 juillet 2009

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Notre séjour sur la ferme de Stellar Seeds s’achève dans quelques jours. Trois semaines de sécheresse  à désherber et récolter maints légumes dans des rangs dignes des kibboutz les plus pittoresques, à partager et à apprendre avec des personnes délicieusement inspirantes, à vraiment bien manger, à expérimenter et créer de nouvelles recettes crues. Les derniers jours nous ont forcés à nous lever même avant l’aube tant la chaleur accablante de l’après-midi était intense. À 5h du matin, on découvre que tout est si calme, que le sol poussiéreux revêt, malgré les dernières semaines sans la moindre goutte de pluie, une fraîcheur exsudée magiquement des tréfonds terrestres par les plantes pendant la nuit.

Si plusieurs fermiers sont désespérés par cette bouderie céleste, les puits artésiens ne fournissant plus la demande en irrigation, l’abondance estivale est tout de même en pleine effervescence: Après l’époque des fraises, cerises et verdures variées,  c’est maintenant l’essor des groseilles, cassis, framboises, abricots, maïs, carottes, tomates, poivrons, choux et bien d’autres, bien d’autres à venir, à quotidiennement bénir notre table de leur présence bienfaitrice. Nos sessions de « crudinage » s’en trouvent exponentiellement rehaussées en variété et fraîcheur, c’est tout simplement trippant.

Je vous en partage ici une douce recette, à la préparation ridiculement facile, née tout juste de cet élan que l’été nous apporte:

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CHUTNEY AUX ABRICOTS ET TAMARIN

Le chutney est habituellement un condiment à base de fruits, de légumes et d’épices, légèrement sucré et vinaigré, qui a la fonction d’accompagner des plats salés afin de contribuer à l’équilibre des saveurs. Cette version née de l’assemblage des produits locaux et saisonniers (et de l’hémisphère droit de ma masse cérébrale…!) sait marier le fruité de l’abricot, du tamarin et du vinaigre balsamique aux parfums puissants et gourmands de l’ail et du romarin. À servir aux côtés de bouchées aux noix ou au sésame, de pilafs, de craquelins vivants servant à monter des hors-d’oeuvres, tartes salées, etc… Il se conservera facilement une bonne semaine au réfrigérateur.

12 abricots frais

2 cuil. à thé de pâte de tamarin (ou la chair d’environ 4 gousses) -peut être trouvé dans les marchés asiatiques ou indiens-

2 gousses d’ail moyennes broyées

1/2″ de gingembre frais haché finement

2 cuil. à soupe de sirop d’agave cru

2 cuil. à thé de vinaigre balsamique

1/2 cuil. à thé de jus de citron

1 pincée de sel de mer

6-8 feuilles fraîches de romarin -roulées délicatement entre les doigts afin d’en extraire les huiles essentielles volatiles-

–> Masser doucement les abricots frais au préalable s’ils ne sont pas assez mûrs. Couper ces derniers en fines lamelles à l’aide d’un bon couteau. Dans un bol, incorporer les autres ingrédients aux abricots et masser le tout avec les mains (quel plaisir!) ou à l’aide d’une spatule afin que se lient les différents éléments. La consistance peut être ajustée avec un peu d’eau pure au besoin, tout en sachant que la texture désirée ressemblera plutôt à celle d’une confiture épaisse qu’à une sauce liquide. Laisser reposer quelques heures au réfrigérateur avant de servir.

N’hésitez pas à nous laisser vos commentaires, nous aimons tellement ça avoir de vos nouvelles et connaître vos impressions!

À très bientôt j’espère! :)

Bronzage, pieds sales et croquettes aux noix

18 juillet 2009

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Par où commencer tant il y a de choses à dire? Tant de micro-détails se sont manifestés depuis mon dernier billet! « Keep it simple », me dis-je… D’abord, il y a eu des sessions intenses de désherbage et de récoltes. Il y a eu , y a encore maintenant et y aura apparemment pour les jours à venir, ce Soleil, intense, brûlant, cuisant nos chairs à longueur de journée dans les rangs de légumes (pas de pluie ici et des 35C à l’ombre toute la dernière semaine), ce plaisir retrouvé de marcher pied nu sur la terre grasse, de suer, d’avoir les cheveux gras et de s’en foutre… de devenir un « Dirty Organic Farmer » comme ils disent ici! Mes muscles se tonifient enfin, je retrouve des allures de mes années pré-citadines, ça fait du bien de se sentir homme à nouveau. Côté bouffe, la grande ouverture de nos hôtes, Patrick et Colleen, envers l’alimentation vivante fait que nous mangeons beaucoup mieux, cru et frais du moins. En fait, presque tout vient du jardin (même la bière – la microbrasserie bio Crannog Ales étant située à même la propriété -!) mis à part des fromages et pains produits localement. Nous nous pratiquons beaucoup à « crusiner », si ils n’étaient pas eux-mêmes des « Poor Organic Farmers », ils ne cessent de dire qu’ils nous embaucheraient assurément juste pour faire la popotte tant ils aiment ce que nous leur concoctons au fil des jours. D’ailleurs, plusieurs nouvelles recettes et projets sont nés au cours des derniers jours (voir recettes plus bas). Nous nous promettons de vous partager tout cela dans nos articles à venir.

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Laitue s’apprêtant à fleurir (à gauche)/ pavots, brocolis, poireaux pour semences (à droite)

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Patrick et Colleen devant une tablée de nos créations vivantes

Si le corps va donc beaucoup mieux, il en est de même pour mon esprit. Depuis le Vipassana, la digestion de tout ça s’est avéré fructueuse. Le silence et l’espace dans ma tête fait du bien. Le coeur s’ouvre chaque jour toujours encore plus, la respiration devient plus profonde. Je trouve que la nature aide beaucoup pour ça. Je redécouvre également avec beaucoup de joie et de gratitude les enseignements d’Eckhart Tolle, un rappel à l’acceptation inconditionnelle de l’instant qui se présente à chaque seconde. Sans résistance, la Vie s’occupe de tout, il ne reste qu’à se laisser porter en observant ce film qu’est l’existence et que l’on prend trop souvent sérieusement. Peut-être penserez-vous qu’il est plus facile d’embrasser « ce qui est » lorsque l’on est en vacances? Oui mais non. Grosses ou petites, des tensions intérieures, y’en a incessamment où que l’on soit, je peux vous l’assurer!

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La récolte de l’ail et son séchage

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Véronique récoltant le basilic pour le marché fermier du lendemain

Après des sessions intenses de désherbage, la récolte de milliers de bulbes d’ail a tiré tout notre jus au cours des derniers jours. Stellar Seeds produit annuellement plus de 20 différentes variétés d’ail biologique avec des noms tels que Georgian Fire, Joe’s Artichoke ou Russian Red pour le marché fermier local et pour les deux « Garlic Festivals » prenant place annuellement en Colombie-Britannique. En plus des dizaines de variétés de légumes et petits fruits que nos hôtes vendent également au « Farmers Market » du samedi matin, Patrick et Colleen cultivent avec, je trouve, une grande humilité et expertise, environ 200 variétés de semences biologiques. En constatant par moi-même à quel point ils prennent soin de leurs cultures et la sélection minutieuse de leurs plants-mères, je conseille véritablement à tout jardinier de se procurer ses futures semences de jardin via leur site web. À voir aussi comment ils ont commencé de rien et comment leur entreprise grandit, ils nous donnent l’envie et le courage de continuer à nourrir les projets qui nous attendent de retour chez-nous. Parlant de ça, voici donc une de mes dernières improvisations:

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Croquettes de noix et légumes du jardin (donne environ 8 escalopes)

2 tasses de noix de grenobles grossièrement hâchées

1/2 tasse de graines de lin moulues

1/2 tasse de tomates séchées préalablement trempées puis coupées

1 poivron rouge, jaune ou orange coupé en petits dés

1 carotte râpée

1 oignon vert (échalotte) hâché

4 brins de persil hachés

2 gousses d’ail broyées

2 cuil. à soupe d’huile d’olive

2 cuil. à soupe de sauce Bragg ou sauce tamari

1 cuil. à thé de graine de coriandre moulue

1 pincée de poivre , de piment de cayenne et de sarriette

un peu d’eau pure (au besoin) pour l’obtention d’une texture collante pas trop liquide

–> Mélanger d’abord tous les ingrédients sauf l’eau que l’on ajoutera graduellement en dernier pour obtenir la consistance collante et pas trop liquide. Façonner des boulettes de la forme désirée avec les mains (propres! :). Passer à l’étape suivante en les roulant dans la panure:

Gomashio vivant

1/4 de tasse de sésame décortiqué (blanc) moulu grossièrement

1/2 cuil. à thé de sel de mer

quelques gouttes d’huile de sésame rôti (j’le sais, c’est pas cru…)

–> Bien mélanger et that’s it!

Déshydrater les croquettes pendant une dizaine d’heures à 105F en les tournant de bord à mi-course (pas de feuilles teflex nécessaires normalement si la texture est assez ferme). Avant de les savourer nature, vous pouvez céder à la tentation de les napper de cette sauce également sortie de mon imagination:

Coulis rafraîchissant au citron, au basilic et à l’ail

3 feuilles de bette à carde

2 tasses de feuilles de basilic fraîches

1 cuil. à soupe de beurre de cajou ou de macadame

4 cuil. à soupe d’huile d’olive

3 cuil. à soupe de jus de citron

4 gousses d’ail

sel et poivre (au goût)

–> Passer tous les ingrédients au mélangeur jusqu’à leur réduction en purée crémeuse.

Ce qui est merveilleux avec le cru c’est que, même par une journée ultra-chaude comme celles que nous avons connues, tout est rafraîchissant, même ce qui est plus consistant. Accompagnées d’une salade de roquette, ces croquettes furent un véritable régal. Bon appétit et à bientôt!!!

 »Tartelettes soleil express » et  »salade kale et framboises »

18 juillet 2009

Nous profitons de cet après-midi débordant de soleil et de chaleur pour vous en envoyer un peu, pour que vous ne pensiez pas que nous gardons tout le beau temps pour nous.

TARTELETTES SOLEIL EXPRESS

Ces petites tarlettes sont d’une simplicité déconcertante et tellement délicieuses que vous en oublierez la pluie! En tout et partout, j’ai mis 30 minutes à les confectionner et ce, tout en composant la recette.

Croûte:

– 1 t graines de lin mouluestartelettes soleil express

– 1/2 t de graines de chanvre ou noix de grenoble

– 3 c à t de cannelle

– 4 c à s de raisins secs trempés

– 2 c à s de beurre de coco

– 3 c a s de miel (non pasteurisé, non chauffé idéalement)

Mélanger le tout et séparer en 6 boulettes. Les aplatir en un cercle d’environ 2 » de diamètre et former un petit rebord pour contenir les fruits. Placer au congélateur pendant que vous préparer la suite.

Garniture:

– 3/4 t du fruits de votre choix réduit en purée (pommes, framboises, fraises, bleuets, abricots, pêches….. nous avons opté pour une version aux pommes et une aux framboises)

Optionnel, mais vous en voulez c’est sûr:

fromage de noix vanillé

– 3/4 t noix de grenoble

– 1 c à t jus de lime

– 2 c à s sirop d’agave

– 1 c à t vanille ou 1 gousse de vanille

– sel

– 2 c à s d’eau

Réduire le tout en purée dans le robot culinaire

Assemblage:

– Placer une c. à thé de fromage de noix sur chaque tartelette puis garnir généreusement de purée de fruits. Pour la version sans fromage de noix, verser simplement la purée de fruits à l’intérieur de la tartelette et déguster!!

SALADE KALE ET FRAMBOISES

Rafraîchissante et sucrée, cette entrée que Daniel a spontanément créée est presqu’un dessert! Nous nous sommes même rendus compte qu’en la laissant macérer avec les framboises pendant quelques dizaines de minutes, les parfums s’exhalant des fruits rendaient à toute la salade des notes de jujubes tout droit sortis de notre enfance… tout en faisant  »passer » les feuilles hautement chlorophyllées du kale qui nous auraient rebutées jadis!

salade kale et framboises– 6-8 feuilles de kale noir (dinosaure)

– 3/4 t  de framboises

– 1 poignée d’amandes hachées grossièrement

– 1/4 c à thé  de sel de mer

– 1 1/2 c à s de jus de citron

– 1 c à thé d’huile d’olive

– 2 c à thé de sirop d’érable

– 1/4 de pouce de gingembre frais haché très finement

– 1 c à thé de bragg ou tamari

Couper en lanières les feuilles de kale et les masser à la main avec le sel et jus de citron pendant une minute. Laisser reposer 10 minutes puis recommencer à masser une minute. Ajouter l’huile, le gingembre, la sauce bragg et le sirop d’érable, bien mélanger. Complèter avec les framboises et les amandes avant de servir!

Production de graines, pesto cru de fleurs d’ail, restriction alimentaire, alouette!!

12 juillet 2009

Stellar seedsAprès maintenant quelques jours depuis notre sortie du centre de méditation, nous sommes complêtement revenus sur le plancher des vaches (expression un peu mal adaptée à notre situation, on devrait plutôt dire le plancher des cerises, des fraises, des framboises….). Nous sommes arrivés sur la ferme qui sera notre maison pour les prochaines 2 semaines, la ferme de Stellar Seeds, spécialisée dans la production de graines de légumes bio et de fleurs (il est d’ailleurs possible de se procurer leur graines du Qc!). Quand on nous a annoncé que nous devions travailler 8 heures par jour, nous étions un peu perplexes, le double de ce que nous faisions sur l’autre ferme! Finalement, forts de nos 10 jours assis sur notre popotin, les journées passent à une vitesse phénoménale J Le travail est varié et nous sommes toujours au moins en pair pour pouvoir jaser et apprendre davantage: désherbage, transplantation de laitues, taillage de plants de tomates, cueillette de légumes varié et de fines herbes pour vente au ‘Farmers market’. Le tout est fait à relativement petite échelle mais bien structuré, comme la ferme roule depuis 8 ans maintenant…. reste que déjà mes mains se transforment en quelques membres rugueux et douleureux (en attendant d’être musclés), labourant la terre, arrachant chiendents, chardons, chénopodes, amaranth… Heureusement, il y a le lac Shushwap à 15 minutes de marche, qui est un baume pour l’extérieur comme pour l’intérieur. La température dans la région est parfaite (sans vouloir provoquer qui que ce soit) ni trop chaude, ni trop froide et avec très très peu de pluie. En fait les nuages semblent éviter la vallée, ils nous entourent souvent mais nous survolent rarement!

 du soleil plein la face

 Notre première journée de travail fut marquée par l’anniversaire de Patrick, le propriétaire de Stellar Seed. À cette occasion, un Potluck fut organisé avec plusieurs de leurs amis et fermes bio du coin. Tous autour du feu en début de soirée, nous avons déguster plein de petits délices dont cette magnifique trempette à la fleur d’ail, composé par notre hôtesse, Coleen, et adaptée ici pour le cru. Elle se mange et se présente un peu comme une guacamole mais ravit nos papilles par sa singularité.

Pesto vivant à la fleur d’ail :fleurs d'ail

1 tasse de noix de pin et/ou noix de grenoble

¼ lb de fleurs d’ail (avec la tige)

3 c.à table de jus de citron ou de lime

½ t d’huile d’olive extra vierge

sel

Dans un robot culinaire, mettre en purée les fleurs d’ail et les noix avec l’huile d’olive. Ajouter les autres ingrédients et bien mélanger.

Servir en trempette pour légumes, craquelins ou même sur des zucchinis en juliennes (comme des pâtes).

 

À la découverte de la restriction alimentaire

Un de nos petits plaisirs ici est que nous devons à tour de rôle préparer le repas et nous avons bien l’intention de leur faire découvrir un peu plus de cru pendant que nous y sommes. Oui nous aimerions en manger plus de ce cru, qui nous manque un peu alors que nous nous trouvons en période d’abondance de kale, bette-à-carde, laitue, carrottes et fruits de toutes sortes. Tout de même,  à la ferme comme au centre de méditation, la présence de cette ‘contrainte’ m’a permis d’explorer un aspect intéressant d’une l’alimentation saine et consciente : la restriction alimentaire. Ce qui m’a plu au premiers abords du cru c’est la sensation de légèreté après le repas, pas de baisse d’énergie, pas d’envie de faire la sieste, juste du bon carburant pour continuer la journée et même se sentir de mieux en mieux au cours la journée.

Durant notre cours de 10 jours, nous n’avions pas accès à beaucoup de légumes crus mais ne pouvions manger que 2 fruits et un thé après midi, au souper. Il était fortement déconseillé de manger 2 ou 3 assiettes pour compenser au déjeuner et au dîner. L’idée est de garder l’esprit clair pour la méditation mais aussi de maximiser notre métabolisme entier (assimilation des nutriments/ répartition de la dépense énergétique, regénération du corps, gestion et élimination des toxines….lorsque le corps est libre de toute tâche de digestion, il peut vaquer à une foule d’autres activités). Je me suis prêtée au jeu un peu sceptique d’abord, pour constater que ce régime me ravit! D’abord à chaque repas, il faut s’arrêter avant la satiété. Saviez vous que le message qu’envoie l’estomac au cerveau pour dire qu’il est plein prend 10 à 15 minutes pour faire la route?! Si vous mangez encore lorsque vient la satiété, il est donc déjà trop tard. À 2/3 plein, c’est parfait, dur mais parfait. Et pourquoi c’est si dur de s’arrêter? Et bien il faut se demander à ce moment pourquoi on mange! Pour nourrir le corps et lui amener ce dont il a besoin pour fonctionner? Ou plutôt parce que c’est bon et qu’on en veut encore plus? ….le réconfort que l’on trouve dans la nourriture est immense, il faut bien le reconnaître. Et si on regarde consciemment l’inconfort en nous qui nous mène à manger plus, il est déjà moins inconfortable. Et notre corps s’en trouve beaucoup mieux dans les heures qui suivent l’ingestion.

D’où vient l’idée de manger très légèrement voir pas du tout au souper? La médecine chinoise traditionelle et l’ayurvéda considère respectivement que le feu digestif de l’être humain est à son plus fort entre 6h am et 10h am et entre 10h am et 12h am. Après 6h pm, il est à son plus faible. Lui envoyer un t-bone au souper résultera en une nuit moins reposante et regénératrice pour nos cellules comme toute l’énergie sera monopolisée par la digestion. J’avais lu tout ça il y a déjà quelques temps mais d’en faire l’expérience a beaucoup plus de valeur. Ceux qui me connaissent sont au courant de ma ‘petite nature’ et de mon attachement au sommeil loooooooong, le plus long possible, 9 à 10 heures idéalement. Et bien, durant le Vipassanna, je dormais entre 3 et 6 heures par nuit. Si d’habitude je me serais transformée en loque humaine, j’étais complêtement radieuse et rafraîchie! Oui l’attitude et la transformation de mes programmations mentales y jouent un rôle mais la nourriture est, j’en suis convaincue, un élément important. J’ai remarqué très rapidement que cru ou cuit, si je mange trop ici, à la ferme, je suis beaucoup moins dynamique et légère durant la journée et ma nuit semble lourde et peu satisfaisante.

 Mais surtout ne me croyez pas sur parole et faites-en l’expérience, comme le répète souvent M. Goenka. Il n’y a rien comme l’essai pour trouver ce qui nous va le mieux à nous, après tout, nous sommes tous uniques!

la ferme

Avant le silence… Bouchées indiennes et boules au cacao et aux fleurs

22 juin 2009

nuages kaslo

Nos aurevoirs à nos hôtes wwoof et à la jolie ville de Nelson auront été fait sous une averse de pluie admirable. Nous avons repris la route ce matin après trois semaines paisibles et nous nous dirigeons maintenant, via la vallée de l’Okanagan, vers Merritt et son centre de méditation Vipassana où une retraite silencieuse de 10 jours nous attend à partir de mercredi. 10 jours donc sans pouvoir vous donner de nouvelles. 10 jours aussi à ne pas manger forcement cru, ce n’est pas la fin du monde bien évidemment, on verra comment nos corps réagiront à ce petit changement d’habitude.

Notre dernier popottage cru à la ferme fut mémorable. À l’occasion du potluck de l’Open House de la communauté cette dernière fin de semaine, nous avons concocté, dans un élan intéressé, des gâteries que nous allions au moins pouvoir manger (nous sommes en cure « sans aucun sucrant que se soit). C’est sur une table colorée de verdures sauvages, de salade d’amandes et de graines de chanvre germées, d’hummus, de ratatouille, de chili con carne de caribou, de muffins aux betteraves (que Véro a préparé également soit dit en passant…), de pousses de tournesols, de risotto à la féta et tomates séchées et bien d’autres, que se sont retrouvées nos gourmandises crues dont je vous présente les recettes:

boules roses et indian things

 

BOUCHÉES INDIENNES À LA CARDAMOME

1 1/2 de farine de noix de coco crue

1 1/2 d’amandes pré-trempées puis moulues

1 tasse de beurre de coco

10-15 gousses de cardamome

1 pincée de stévia concentré en poudre

1 pincée de sel de mer

Bien mélanger le tout jusqu’à l’obtention d’une pâte ressemblant à celle d’un sablé. Façonner en un grand carré plat que l’on coupera en bouchées triangulaires. Réfrigérer au moins une heure avant de servir. 

Recette fraîchement inventée par Véro afin d’assouvir mon désir envers les petites pâtisseries indiennes que l’on retrouve chez Pushab à Montréal… et, ma fois, cette version végétalienne et crue m’enchante encore plus! Si simple et si délicieux!

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BOULES DE CACAO À LA LAVANDE ET À LA ROSE

1/4 tasse de graine de chia moulue

1/4 tasse de graine de lin moulue

1/4 tasse de farine de noix de coco crue

1/2 tasse de beurre de coco

2 cuillères de tahini cru

1/3 tasse de poudre de cacao crue (ou de caroube pour les moins cochons…)

5-6 gouttes d’huile essentielle de lavande

1 bonne pincée de stévia concentré en poudre

1-2 pincées de sel de mer

Poudre de pétales de rose (pour la déco)

Mélanger le tout, sauf la poudre de rose, avant de façonner de petites boules. Rouler ces dernières dans la poudre délicatement aromatique. Réfrigérer au moins une heure avant de servir.

Une version florale d’un classique adapté de mes « boules d’énergie » d’habitude sucrées aux dattes et au sirop d’agave. Plus soft certes, elles n’en sont pas moins délicieuses et santé, ajoutant d’une manière agréablement sournoise une bonne dose de  fibres dans votre bol alimentaire…

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À bientôt!!!! 

 

Et le cru là-dedans?!

15 juin 2009

Ce blog est aussi censé porter sur l’alimentation vivante, pas vrai? Jusqu’à présent l’inspiration nous a davantage portés à partager notre quotidien que nos recettes pour la simple et bonne raison que le cru n’a pas été au centre de nos découvertes. La réalité de la vie en famille avec des enfants dédaignant les légumes verts a le dessus, même sur des parents convaincus! Mais voilà que, malgré la présence de plats cuits sur la table, nous faisons un retour en force vers l’alimentation vivante, après avoir constaté une baisse en vitalité et en qualité de sommeil principalement.

J’ai envie de vous partager mon grand coup de coeur, ma grande découverte. Déconcertante de simplicité, je pourrais rentrer maintenant à la maison avec seulement cette innovation en poche et pourtant j’aurais l’impression d’avoir apporté un changement important à mon assiette: la salade d’herbes sauvages, dites ‘mauvaises herbes’. Et pas besoin de vous trouver dans les Kootenays pour vous en confectionner une (c’est sûr que les platte-bandes de Mtl ne sont peut-être pas l’idéal pour cueillir des plantes qui nourriront vos cellules… mais si vous avez un petit jardin ou habiter en campagne, pas de défaite possible :)!!

À votre laitue habituelle, ajoutez ces herbes fraîchement cueillies:

salade d'herbes sauvages– feuilles de pissenlit (avant l’apparition de la fleur, elles sont moins amères)

– feuilles de plantain

– feuilles de chenopode ou chou gras

– mouron des oiseaux (ici on l’appelle chickweed parce qu’il est bon pour nous les chicks!)

– livèche

– feuilles d’oseilles

Je trouve délicieux d’y ajouter plusieurs herbes aromatiques, faisant de chaque bouchée une explosion de saveurs différentes:

– lavande

– origan

– sauge

– menthe

– mélisse

– aneth

Puis des fleurs comestibles:

– bourgeons de marguerite

– fleurs de trèfles (bien lavées comme les petits insectes en rafolent aussi…)

– pensées

– fleurs de prunier

– fleur d’ancolies

– pétales de rose

À tout cela, j’ajoute une vinaigrette très légère puisque le tout est déjà bien goûteux: un peu de jus de citron, de vinaigre de cidre de pomme, de poire, de prune ou de cerise et de l’huile d’olive.  Daniel, lui, y va de sa classique vinaigrette tahini, miel, vinaigre umeboshii, huile d’olive et une touche de moutarde. En frais de salade, vous n’avez jamais goûté quelque chose de pareil!

N’ayant pas accès à beaucoup d’autres ingrédients que ce qui se trouve dans les jardins, voici une deuxième recette toute simple mais toute aussi délicieuse:

Légumes marinésLégumes du jardin marinés:

– 2 carrottes coupées en fines rondelles

– 4 topinambours moyens coupés en fines rondelles

– un pied de brocoli en fines rondelles

– 1/4 d’oignon espagnol en fines lamelles

– une poignée de tomates séchées trempées

– une poignées de graines de citrouille trempées

– le jus d’1/2 citron

– un filet d’huile d’olive

– sel

– une gousse d’ail

mélangez tous les ingrédients et laissez mariner de quelques heures à 2 jours :)

Voilà! Je vous souhaite bonne appétit et vous promets d’autres petits plats bientôt!

La grande traversée

28 mai 2009

départ

Le centre longitudinal du Canada, au Manitoba, vient de se laisser passer comme si de rien était. J’avais toujours voulu voir de mes yeux vus si Winnipeg était aussi moche et platte qu’on le laisse croire par la chansonnette « Àààààà Winnipeg les nuits sont longueeees… » et, franchement, c’est une ville qui m’a bien plu superficiellement parlant avec ses grands parcs, ses avenues larges et propres ainsi qu’avec ses grands complexes de magasins… À vrai dire, c’est peut-être plutôt qu’elle nous a offert un fort heureux contraste avec le long et pénible nord de l’Ontario dont nous venons enfin de nous débarrasser. On m’avait prévenu, on m’avait dit que ça allait être long : des rideaux interminables d’épinettes parsemés de lacs swampeux pittoresques, des centaines de motels délabrés et de villages composés de « maisons » aux allures de taudis… je n’aurais jamais cru l’Ontario aussi pauvre dans ses campagnes, comme si la crise les aurait touchés il y a bien longtemps. Des campings et restaurants à vendre, des fermes abandonnées, des stations services comme en voit dans des films, la pompe éventrée et rouillée par la monotonie des jours sans clients. Mais pourtant, si les maisons sont lamentables, les gens demeurant sur la grandeur de ces centaines de kilomètres de la route transcanadienne ont conservé leur dignité en une chose : ils ont presque (mais vraiment presque) tous des pick-ups. Ici, pas de chars économiques. Dans ces contrées sauvages où il ne semble ne rien arriver à part la saison des mouches noires qui recommence, les gens ont tous des pick-ups. Pour charrier du bois ? Pour aller à la chasse ? Pour survivre en cas de face à face avec une bête éruptant du bosquet ? Ou tout simplement pour faire comme les autres. Au concessionnaire de la ville d’importance de Wawa avec ses 1000 âmes, il ne semblait n’y avoir que ça à vendre! Reste que nous avons croisés 3 orignaux immenses, tentant de traverser la route live devant nous, nous avons passé des kilomètres de forêts dévastées par des incendies, le paysage aux collines nues laissant une étrange impression post apocalyptique, avons vu le clone parfait de Hubert Reeves en train de se fouiller dans le nez en attendant son café dans le drive-thru d’un Tim Hortons. La gentillesse des gens, en général, m’a surprise je dois l’avouer. Très souvent bedonnants, la peau de leur visage est rouge (et de leur cou aussi !) sur un fond de teint clair et mat, c’est frappant comme point en commun, je ne crois pas qu’ils soient en super forme à les regarder aller. Les « grilled chicken » et « Buffalo Bean Burger » sont là-dessous, j’en suis certain.

route-ontario

lac-huron

Nous avons mangé uniquement cru depuis notre départ. En plus des petits ajouts de produits frais au fil des Supermart, nous avions préparé des tonnes de préparations crusinées avant notre départ : craquelins, croustilles, boules d’énergie, biscuits, falafels, boulettes et autres grignottines.  Avec le grand nombre d’heures de route et les nuits écourtées du camping froid et venteux, je suis agréablement satisfait de mon niveau d’énergie élevé vu la situation. Notre déjeuner typique depuis le début du voyage consiste en des noix broyés (dans notre robot manuel !), du sarrazin germé/déshydraté, de la protéine de chanvre, des petits fruits et banane, cacao, baies de goji, gingembre moulu, maca, etc… au fil de notre goût matinal.

bouffe-crue

granola

 

 

 

 

 

 

 

 

dan-camping-feu

Si l’Ontario ne m’a pas plu du tout mis à part les paysages autour des Grands Lacs, calques quasi parfaits des tableaux du « groupe des sept », le Manitoba est ma petite surprise du voyage. La terre m’apparut si grasse et moelleuse, les gens si amicaux, l’endroit agréable à regarder avec ses vastitudes au relief un tantinet plus irrégulier que je l’avais imaginé. Des petits bocages d’arbres touffus, tels des oasis, arrivait à protéger merveilleusement les campings des vents de l’ouest. La Saskatchewan n’avait pas ce confort. Des champs en intégralité. À perte de vue, des ondulations gracieuses, vertes ou dorées, où se posent deux rubans d’autoroute. L’Alberta, pareil, sauf que là… les montagnes enneigées s’annoncent dans une affirmation dramatique. Les gens sont ici aussi, tous pratiquement, en pick-ups, sauf qu’ils ont en plus une addition frappante : la casquette. Tous les hommes sont en chemise et casquette. Et si les affiches de « Jesus the Lord will save you » parsèment le paysage, les toilettes des stations d’essence ont des graffitis illustrant la hargne que les gens du coin portent aux « Indians »…

saskatchewanchicken

Le temps est clair, nous sommes dans un Starbucks de Calgary, notre premier arrêt internet. Cet après-midi, nous serons dans les foothills des Rocheuses, à nous reposer au soleil.