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Semaine numéro 1, Véro rattrape son retard en compte-rendu :

7 juin 2009

Ahhh enfin les vacances, le moment tant attendu, celui pour lequel nous travaillons depuis des mois, me suis-je dis en quittant le Qc. Je redoutais un peu la route, ayant l’impression que nous arriverions à destination complêtement lassés et courbaturés. Pourtant, le tout s’est fait plutôt naturellement.

 

J’ai quitté l’Outaouais un peu plus fatiguée que je ne l’aurais voulu, les cheveux un peu plus gras que je ne l’aurais voulu (à cause de l‘eau dure avec laquelle je me lavais) et l’auto définitivement plus chargée que ce que nous avions imaginé. Nous avions de la nourriture pour satisfaire tous les ours de l’Ontario (à condition bien sûr qu’ils se soummettent aux craquelins, lentilles germées aux curry et boulettes végés déshydratés, fruits secs, algues et…. bon en dernier recours ils auraient fini par trouvé le miel non pasteurisé au fond de notre boîte de vivres). Ma conduite manuelle ne nous a pas causé trop d’ennui, l’assistant chauffeur s’est même offert le loisir de quelques siestes sur les lignes droites. Mais ne fut-il pas surpris lorsqu’un matin, la chaleur de son café tout frais se rapprochant délicieusement de ses lèvres, un mauvais jeu de pieds clotche-gaz de ma part lui aspergea joliement l’entre-jambe! ayayaye… désolée!! :D

 

Bref, bien que tout n’était pas parfait, tout était bien ainsi! Chaque contrée nous a fait un effet fort à sa manière : l’Ontario, ses forêts de pins tellement denses, ses lacs et trop nombreuses courbes, ses orignaux et ses innombrables pick-ups sur la route! des petits dépanneurs taudis près de la route et des pancartes ‘SAVE THE LORD’, belle mais étouffante et froide (je dirais même hostile, du moins c’est l’impression qu’elle m’a laissée); le Manitoba, notre renaissance (de l’air, ENFIN! On voit plus loin que quelques mêtres devant nous), du soleil, de l’air et de l’espace plein les yeux, c’est tout ce dont je me rappelle!; la Saskatchewan….. plate (en relief) mais tellement plate que s’en est beau (yéé, je peux relaxer au volant), et ça laisse plus de place au ciel! La Saskatchewan a passé vite! C’est pas supposé être long traverser les plaines?!?! Oh et on a des lacs de sel au Canada?!?! Ils en ont pas parlé quand ils faisaient leur campagne pour convaincre les Qcois de rester aux Canada, les Rocheuses, les Rocheuses oui mais les lacs de sel eux! (bon on y a passé un gros 15 minutes, juste le temps de quelques photos et d’une pause-pipi…); l’Alberta, des pompes à pétrole partout dans les champs bien sûr et des champs à perte de vue, et de grosses pancartes arborant ‘plus pour l’Alberta, moins à Ottawa’. Le paysage est magnifique en Alberta aussi, de petites collines valonneuses toutes nues de chaque coté du chemin, vraiment magnifique! Ce qui m’a le plus étonné de cette traversée c’est la gentillesse de gens. Nous avions tellement entendu d’histoires peu charmantes concernant le comportement des anglo envers les Qcois avant notre départ… mais voilà que deux ptits québécois ont franchis le territoire hostile sans anicroche et en étant même très bien reçus partout où ils allaient.

 Lac de sel

Apparition des Rocheuses

Puis sont apparues les Montagnes. Le plan est bien sûr de les traverser. Sans dormir dedans toutefois, la neige aux pieds des arbres nous a littérallement refroidis (et c’est une assez bonne raison pour ne pas avoir à mentionner qu’on a un peu peur des ours J). Elles m’ont fait un drôle d’effet ses montagnes! Majestueuses oui mais pour moi elles s’accompagnaient d’une autre saveur. À ma surprise, pas de joie… plutôt l’envie de m’arrêter et de ne pas y être déjà… Après avoir penser pendant des mois à ce voyage, à ‘nous allons au BC’, voilà que nous allions y être. Arriver à destination… c’est la première fois que ça me fait cet effet… de vide en fait! Hmmm…Nous avons donc passé deux jours aux pieds des montagnes question de prendre un coup de soleil, de se laver dans une rivière glaciale mais surtout de passer notre première journée à ne riiiiiieeeeennn foutre! Mmmmmmm délicieux!

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La grande traversée

28 mai 2009

départ

Le centre longitudinal du Canada, au Manitoba, vient de se laisser passer comme si de rien était. J’avais toujours voulu voir de mes yeux vus si Winnipeg était aussi moche et platte qu’on le laisse croire par la chansonnette « Àààààà Winnipeg les nuits sont longueeees… » et, franchement, c’est une ville qui m’a bien plu superficiellement parlant avec ses grands parcs, ses avenues larges et propres ainsi qu’avec ses grands complexes de magasins… À vrai dire, c’est peut-être plutôt qu’elle nous a offert un fort heureux contraste avec le long et pénible nord de l’Ontario dont nous venons enfin de nous débarrasser. On m’avait prévenu, on m’avait dit que ça allait être long : des rideaux interminables d’épinettes parsemés de lacs swampeux pittoresques, des centaines de motels délabrés et de villages composés de « maisons » aux allures de taudis… je n’aurais jamais cru l’Ontario aussi pauvre dans ses campagnes, comme si la crise les aurait touchés il y a bien longtemps. Des campings et restaurants à vendre, des fermes abandonnées, des stations services comme en voit dans des films, la pompe éventrée et rouillée par la monotonie des jours sans clients. Mais pourtant, si les maisons sont lamentables, les gens demeurant sur la grandeur de ces centaines de kilomètres de la route transcanadienne ont conservé leur dignité en une chose : ils ont presque (mais vraiment presque) tous des pick-ups. Ici, pas de chars économiques. Dans ces contrées sauvages où il ne semble ne rien arriver à part la saison des mouches noires qui recommence, les gens ont tous des pick-ups. Pour charrier du bois ? Pour aller à la chasse ? Pour survivre en cas de face à face avec une bête éruptant du bosquet ? Ou tout simplement pour faire comme les autres. Au concessionnaire de la ville d’importance de Wawa avec ses 1000 âmes, il ne semblait n’y avoir que ça à vendre! Reste que nous avons croisés 3 orignaux immenses, tentant de traverser la route live devant nous, nous avons passé des kilomètres de forêts dévastées par des incendies, le paysage aux collines nues laissant une étrange impression post apocalyptique, avons vu le clone parfait de Hubert Reeves en train de se fouiller dans le nez en attendant son café dans le drive-thru d’un Tim Hortons. La gentillesse des gens, en général, m’a surprise je dois l’avouer. Très souvent bedonnants, la peau de leur visage est rouge (et de leur cou aussi !) sur un fond de teint clair et mat, c’est frappant comme point en commun, je ne crois pas qu’ils soient en super forme à les regarder aller. Les « grilled chicken » et « Buffalo Bean Burger » sont là-dessous, j’en suis certain.

route-ontario

lac-huron

Nous avons mangé uniquement cru depuis notre départ. En plus des petits ajouts de produits frais au fil des Supermart, nous avions préparé des tonnes de préparations crusinées avant notre départ : craquelins, croustilles, boules d’énergie, biscuits, falafels, boulettes et autres grignottines.  Avec le grand nombre d’heures de route et les nuits écourtées du camping froid et venteux, je suis agréablement satisfait de mon niveau d’énergie élevé vu la situation. Notre déjeuner typique depuis le début du voyage consiste en des noix broyés (dans notre robot manuel !), du sarrazin germé/déshydraté, de la protéine de chanvre, des petits fruits et banane, cacao, baies de goji, gingembre moulu, maca, etc… au fil de notre goût matinal.

bouffe-crue

granola

 

 

 

 

 

 

 

 

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Si l’Ontario ne m’a pas plu du tout mis à part les paysages autour des Grands Lacs, calques quasi parfaits des tableaux du « groupe des sept », le Manitoba est ma petite surprise du voyage. La terre m’apparut si grasse et moelleuse, les gens si amicaux, l’endroit agréable à regarder avec ses vastitudes au relief un tantinet plus irrégulier que je l’avais imaginé. Des petits bocages d’arbres touffus, tels des oasis, arrivait à protéger merveilleusement les campings des vents de l’ouest. La Saskatchewan n’avait pas ce confort. Des champs en intégralité. À perte de vue, des ondulations gracieuses, vertes ou dorées, où se posent deux rubans d’autoroute. L’Alberta, pareil, sauf que là… les montagnes enneigées s’annoncent dans une affirmation dramatique. Les gens sont ici aussi, tous pratiquement, en pick-ups, sauf qu’ils ont en plus une addition frappante : la casquette. Tous les hommes sont en chemise et casquette. Et si les affiches de « Jesus the Lord will save you » parsèment le paysage, les toilettes des stations d’essence ont des graffitis illustrant la hargne que les gens du coin portent aux « Indians »…

saskatchewanchicken

Le temps est clair, nous sommes dans un Starbucks de Calgary, notre premier arrêt internet. Cet après-midi, nous serons dans les foothills des Rocheuses, à nous reposer au soleil.