Posts Tagged ‘Nelson’

Avant le silence… Bouchées indiennes et boules au cacao et aux fleurs

22 juin 2009

nuages kaslo

Nos aurevoirs à nos hôtes wwoof et à la jolie ville de Nelson auront été fait sous une averse de pluie admirable. Nous avons repris la route ce matin après trois semaines paisibles et nous nous dirigeons maintenant, via la vallée de l’Okanagan, vers Merritt et son centre de méditation Vipassana où une retraite silencieuse de 10 jours nous attend à partir de mercredi. 10 jours donc sans pouvoir vous donner de nouvelles. 10 jours aussi à ne pas manger forcement cru, ce n’est pas la fin du monde bien évidemment, on verra comment nos corps réagiront à ce petit changement d’habitude.

Notre dernier popottage cru à la ferme fut mémorable. À l’occasion du potluck de l’Open House de la communauté cette dernière fin de semaine, nous avons concocté, dans un élan intéressé, des gâteries que nous allions au moins pouvoir manger (nous sommes en cure « sans aucun sucrant que se soit). C’est sur une table colorée de verdures sauvages, de salade d’amandes et de graines de chanvre germées, d’hummus, de ratatouille, de chili con carne de caribou, de muffins aux betteraves (que Véro a préparé également soit dit en passant…), de pousses de tournesols, de risotto à la féta et tomates séchées et bien d’autres, que se sont retrouvées nos gourmandises crues dont je vous présente les recettes:

boules roses et indian things

 

BOUCHÉES INDIENNES À LA CARDAMOME

1 1/2 de farine de noix de coco crue

1 1/2 d’amandes pré-trempées puis moulues

1 tasse de beurre de coco

10-15 gousses de cardamome

1 pincée de stévia concentré en poudre

1 pincée de sel de mer

Bien mélanger le tout jusqu’à l’obtention d’une pâte ressemblant à celle d’un sablé. Façonner en un grand carré plat que l’on coupera en bouchées triangulaires. Réfrigérer au moins une heure avant de servir. 

Recette fraîchement inventée par Véro afin d’assouvir mon désir envers les petites pâtisseries indiennes que l’on retrouve chez Pushab à Montréal… et, ma fois, cette version végétalienne et crue m’enchante encore plus! Si simple et si délicieux!

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BOULES DE CACAO À LA LAVANDE ET À LA ROSE

1/4 tasse de graine de chia moulue

1/4 tasse de graine de lin moulue

1/4 tasse de farine de noix de coco crue

1/2 tasse de beurre de coco

2 cuillères de tahini cru

1/3 tasse de poudre de cacao crue (ou de caroube pour les moins cochons…)

5-6 gouttes d’huile essentielle de lavande

1 bonne pincée de stévia concentré en poudre

1-2 pincées de sel de mer

Poudre de pétales de rose (pour la déco)

Mélanger le tout, sauf la poudre de rose, avant de façonner de petites boules. Rouler ces dernières dans la poudre délicatement aromatique. Réfrigérer au moins une heure avant de servir.

Une version florale d’un classique adapté de mes « boules d’énergie » d’habitude sucrées aux dattes et au sirop d’agave. Plus soft certes, elles n’en sont pas moins délicieuses et santé, ajoutant d’une manière agréablement sournoise une bonne dose de  fibres dans votre bol alimentaire…

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À bientôt!!!! 

 

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La belle vie

16 juin 2009

duo-jardins-kaslo

Juste avant d’aller manger à l’unique resto indien de Nelson et de prendre un café mémorable dans ma nouvelle maison de torréfaction fétiche, l’Oso Negro, nous venions juste de déposer la charmante Kiki, notre première auto-stoppeuse du voyage, maître Reiki de 17 ans, bohémienne campeuse aux cheveux bleachés. C’est notre troisième journée de congé de la semaine.  Le trajet entre Kaslo et Nelson est d’environ 45 minutes, une distance fort acceptable pour aller se changer les idées de la vie à la ferme et venir vous écrire d’un café internet. Et, vu notre passage en ville,  notre mission sera également de faire les grandes emplettes familiales à la coopérative biologique.

véro-kayak

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Notre séjour à la ferme entame sa dernière semaine aujourd’hui. Nous y sommes si bien, le paysage y est si magnifique, notre intimité si préservée, les 20 heures de travail par semaine passent rapidement, mais tout le reste aussi malheureusement… Entre les sessions de désherbage, de plantations, de récoltes, de cuisine et de ménage, nous avons la chance d’aller nous balader dans la forêt d’arbres gigantesques qui borde le domaine (gare aux ours et aux cougars cependant!), de s’aventurer en kayak ou de simplement de se laisser dorer au soleil en lisant un livre inspirant. Les chiens viennent souvent veiller sur nous, que cela soit sur la berge du lac ou sur notre terrasse. J’ai appris que le Québec n’avait pas spécialement profité d’un temps exceptionnellement chaud depuis le printemps; ici, en montagne, même si les nuits sont relativement fraîches, nous frôlons les 30C en après-midi et le soleil est quotidiennement de la partie. Les pluies ne persistent rarement plus qu’une demie-heure, lorsque les nuages vaporeux et fantastiques s’agrippent aux flancs vert émeraude des sommets sauvages. Que dire de plus lorsque le temps ne fait que passer si doucement, un moment à la fois, sans la fébrilité du rêve de « toujours à avoir à faire plein d’affaires »?!? 

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Non pas selon « ce que je veux », ce voyage semble prendre une fonction « purgative »… de quoi, je n’ai toujours pas saisi complètement l’ensemble du truc, mais je ne cesse de rêver à vous tous et toutes: Nuit après nuit vous êtes là, dans mon sommeil, je ne cesse de rêver à ma famille, à mes amis proches ou même à des gens dont j’avais consciemment oublié l’existence. C’est vraiment intense, plein de symboles forts, j’ai l’impression de faire un ménage énorme, une grosse vente de garage à méninges ouverts, un lavement du bulbe reptilien! Bref, sachez-le bien très chers amis et merveilleuse parenté, je pense à vous et ne vous oublie pas du tout apparemment! À bientôt!!!

La destination

9 juin 2009

Arrivée à destination :

 

Voilà, nous avons franchi la frontière! La ‘vibe’ est étonnante au BC. Tout est relax, un oiseau picosse sur la route sans se soucier du véhicule qui fonce sur lui, chaque chose en son temps quoi! Une chèvre des montagnes broute dans le fossé d’une courbe, les fesses bien exposées aux automobilistes. Un famille de chevreuils se trouve sur le bord de la route et nous regarde tel leur soap de l’après-midi. Les gens roulent tranquillement et ceux qui nous dépassent porte habituellement une immatriculation de l’Alberta. Bref, ‘y en a pas d’problème’! Daniel a assez bien décrit Nelson, notre premier arrêt, je ne vous baderai pas de ma description qui de toute façon ne serait pas très élaborée, puisque bien que j’ai trouvé la ville jolie, l’ambiance ne m’a pas frappée et peut-être même un peu déçue. Je l’ai trouvée beaucoup plus touristique que hippie, peut-être parce que nous y étions durant la fin de semaine. Kaslo m’a plu davantage, beaucoup plus petit et offrant moins d’attractions, il est charmant dans sa simplicité, son esthétisme et son atmosphère de village ouvert et alternatif : des nombreux regroupements de gens (tricot, potterie, ‘men’s group’), aux nombreux magasins d’alimentation naturelle en passant par le ‘snack-à-patates’ qui offre apparemment un choix de burger végé. 

 

Si Nelson ne m’a pas satisfait du coté du spécimen hippie, la famille qui nous reçoit présentement me comble au plus au point. Commençons par la ferme : une maison principale en bois avec une serre adjaçante à la cuisine et trois cabines, chacune divisée en deux, plus bas sur le terrain (nous habitons la moitié d’une de ces cabines). Entre la maison principale et les cabines, une plantation de beaux cerisiers desquels pendent une multitude de minuscules vers verts, qui se jonchent sur Daniel, empruntant de sa démarche méditative à chaque coup le chemin sous les branches! Partout autour de cette plantation se trouvent des jardins, cinq au total. Nous y trouvons amplement de travail, plantation, désherbages, arrosage…

 sur les rives du Lac Kootenay à la ferme

David est le patriarche du domaine. Sourire jusqu’aux oreilles, sa plus grande passion est probablement la parole. Il a constamment de quoi nous entretenir, de la spiritualité au compostage sans oublier les nombreux complots mondiaux qui font que la terre tourne comme elle tourne. Si l’on souhaite commencer à travailler tôt, il faut soit s’y prendre beaucoup plus tôt ou bien déjeuner dans notre cabine. L’idéal est probablement d’oublier l’heure et de se laisser porter par la vague, on est venu ici pour sortir de notre rythme citadin après tout! À l’heure d’un repas, il nous montre un de ses chandails, le most du hippy, le fameux chandail coloré ‘trip d’acide’ avec un gros signe de peace & love au centre. Les trois fillettes éclatent de rire et me disent qu’il ne le porte presque jamais, c’est son chandail pour les occasions spéciales. Ah bon! (Et comme il a eu un coup de foudre pour le modèle, il le possède en manches courtes ET en manches longues) Le lendemain matin, David porte son précieux chandail alors je lui demande en quelle occasion il se met sur son 36. Il me répond qu’il se rend à Creston aujourd’hui pour aller chercher du foin et que dans ce coin se trouvent plein de ‘Rednecks à l’esprit peu ouvert’! Je crois qu’il cherche la confrontation alors il me répond diplomatiquement qu’il souhaite simplement créer des opportunités d’échanges, de communication et de rapprochements avec ces gens! Ça vous donne une belle idée du personnage je crois J

 

Janet, sa conjointe, moins flamboyante et volubile est tout aussi précieuse en son genre. Shaman, danceuse, herboriste, professeur, maman à temps plus que plein (les trois fillettes font l’école à la maison), elle semble porter sur son dos la charge humaine de cette terre et nourrit sa famille, les wwoofers et les quelques amis-troubadours-âmes en peine-corps en déroute qui semblent s’arrêter fréquemment pour quelques temps à la ferme.

 vue de notre cabine

Les trois fillettes qui illuminent de leurs rires nos soupers s’entendent à merveille. En fait, elles m’ont fait prendre conscience que les êtres ici vivent dans une belle harmonie. Les trois chiens, bien que deux aient l’air d’ours polaire et qu’un descende directement du loup, sont tous de gros toutous pour les humains sans perdre leurs instincts lorqu’il s’agit de défendre le domaine des coyotes qu’on peut entendre au loin le soir ou des ours qui tournent aux alentours.

 Daniel et Body The Ram, le bélier qui branle sa queue quand on le flatte

Nos journées ici s’écoulent gaiement à la vue des cimes enneigées nous entourant et aux chants du silence et du vent, ponctué de gazouillement d’hirondelles, du bruit de moteur d’un oiseau mouche ou des cris des enfants qui résonnent au loin. Voilà la vie, me dis-je. Et ma sensation de vide reste là, ni vertigineuse ni confortable. Seulement surprenante puisque je ne m’attendais pas à la trouver sur ma route. Tout est probablement bien ainsi…

 

Je vous aime!

La terre promise

31 mai 2009

Aujourd’hui pas de photos, nos appareils sont malheureusement vidés de leur jus de sodium-nickel machin et ne peuvent donc pas déverser leurs pixels dans nos portables… ça viendra, c’est promis… Le défi est alors encore plus important, vous faire voir avec les mots tout ce que nous avons vu depuis trois jours, c’est à dire presque le paradis sur terre. Notre arrivée aux Rocheuses a été célébrée en grandes pompes: le Soleil éclairait si bien chaque roseau, chaque aiguille de pin, les cumulus étaient gonflés d’amour duveteux immaculé, la neige des hautes cimes réfléchissait toute son ardeur lumineuse sur les lacs d’un turquoise profond, les oiseaux splendides -mais inconnus pour les yeux d’un gars comme moi ayant uniquement grandi avec le guide des « Birds of Eastern America »- pépiaient tout près de nous leurs charmants mouvements courtisants. Seuls les ours n’étaient pas au rendez-vous, ce qui n’était pas plus mal, je l’accorde à l’Univers. Car ici, c’est écrit partout, c’est leur territoire, et ils ne sont apparemment ni des peluches ni des mascottes. 

La suite à Calgary fût brève. Après s’être vus frappés de plein fouet par des prix exorbitants en matière de légumes et fruits frais, nous nous sommes repliés dans les retranchements de notre voiture avec la nourriture suffisante pour deux jours entiers (crue bien entendu!), et sommes partis nous reposer dans un camping des Foothills… Deux jours à rien foutre, juste se reposer. Au bord d’une rivière fougueuse d’un glacial mémorable (on s’y est lavé tout de même!), nous nous sommes enfin reposés. Juste de ne pas bouger, de laisser la voiture là, de ne pas monter et démonter la tente, ça fait du bien au corps et à l’esprit. La vue des montagnes était superbe, ces pics enneigés qui semblent si inhospitaliés pendant que nous, bien au chaud dans les petites collines, nous nous prenions un de ces coups de soleil! Ouch! Cette pause du côté albertain nous a donc fait un bien immense, juste assez pour partir ce matin pour la Colombie-Britannique, c’est à dire franchir ce rideau de pierres, de glace et de sapins, pour enfin trouver de l’autre côté notre terre d’asile estivale.

Et là, ce qui m’est arrivé, ce n’est pas rien, pas banal. Je laisserai à Véronique le soin de vous partager ses impressions si elle le désire dans un de ses articles, car ceci est bien trop personnel: Vous savez lorsque l’on tombe en amour? On voit la personne pour la première fois, on la trouve jolie mais ce n’est pas ça qui nous enflamme, c’est quelque chose de plus, quelque chose derrière, de plus profond, une impression inébranlable que quelque chose de grand et d’irréversible vient de se produire dans notre coeur… on ne sait pas pour l’autre, si il ou elle vit la même chose, mais on sait pour soi que ce qui brûle, là, en-dedans, c’est l’amour. Bien, moi, c’est ce qui m’est arrivé tout à l’heure. Soudainement, dans le passage d’un col, une énergie chaude et paisible m’est tombée dessus. Je me croyais encore en Alberta, en approche du passage de la frontière provinciale, mais non, c’était fait, j’avais loupé le panneau, on venait de traverser sans que je le saches… C’est fou ces affaires là. Les énergies qui diffèrent d’une place à une autre. L’Alberta avait une énergie un peu suffisante, présomptueuse, crispée mais penaude aussi. Bien, en tout cas, je l’ai sentie tout de suite cette « vibe du BC »! Ce « cool » m’a été des plus contagieux parce que j’ai tout de suite senti mes veines se dilater, mes muscles se décontracter. Des montagnes et des montagnes plus tard, toujours aussi vertes de leurs Pins de Douglas et de leur neige d’étoile filante, de flancs escarpés en vallées luxuriantes, mon coeur n’a cessé de se remplir d’émerveillement et d’amour (et là là, ce n’est pas qu’on en ait pas vécu d’affaires avant dans ce voyage, on est sensibles Véro et moi, on a tellement de fun ensemble, notre communication est merveilleuse, on partage nos impressions sans cesse, on en a senti des vagues de toutes sortes au fil des kilomètres…), de par les rivières de montagnes impétueuses, des sources et chutes jaillissant du roc à chaque falaise, et ce Soleil bénit, toujours aussi éclatant, à la lumière si chaude et claire… Ce, jusqu’à ce qu’on arrive à la Mecque du hippie, le « coup de grâce » au vrai sens du terme, la charmante ville de Nelson, nichée dans sa vallée, Nelson la ville qui sent bon. Grenouille l’aurait beaucoup aimé, j’en suis certain. Les lilas, maronniers, philadelphus, cerisiers et bien d’autres sont en pleine fleur, ils embaument intensément les rues bordées de coquettes maisons colorées. C’est une petite ville en étage, comme j’en ai vu en Europe, avec des passages reliant les différents plateaux des différents quartiers. Le dernier lot du camping municipal était pour nous, il nous attendait vaillamment avec comme sourire sa pelouse toute verte et moelleuse, comme baiser sa douche chaude délicieuse et comme belle surprise, afin que je puisse me rapprocher de vous, êtres chers, l’internet sans fil haute vitesse! À bientôt!