Posts Tagged ‘nature’

Lacto-fermentations, saveurs locales et Salt Spring Island

9 août 2009

saltspring-roche

Salt Spring Island. La plus grosse île de l’archipel du sud du golfe de Georgie, juste entre Vancouver et Victoria. Je suis en amour avec l’endroit. Non seulement le cadre dans lequel l’océan se révèle est superbe mais la nature y est spécialement magnifique, l’île située en pleine zone des Rainforests. Nous sommes hébergés sur une ferme/communauté travaillant en permaculture et qui est axée sur l’éco-foresterie, donc de l’usage et la gestion écologique et raisonnée de la forêt. Certains arbres y sont énormes, parmi les plus gros et grands que j’aie eu la chance d’admirer jusqu’à maintenant. Et si l’île est si belle, c’est aussi parce que les gens que j’y ai rencontré et qui y habitent sont si gentils, ouverts, hospitaliers, colorés, chaleureux. Je n’ai jamais vu d’endroit aussi riche en vie alternative. C’est presque un rêve pour un grano tant il y a, d’une manière concentrée sur l’île toute entière, de fermes biologique ou de communautés alternatives, de centres de méditation ou de yoga, de cafés bio et équitable, de marchés locaux. Au bord des routes, des kiosques aux fruits, légumes ou oeufs à vendre se succèdent, quoique pourtant inhabités… puisqu’ici la coutume est de venir se servir soi-même et, en toute honnêteté, de mettre les sous nécessaires dans une boîte (souvent non-cadenassée) à même le kiosque. Les gens ici semblent se faire confiance, les vitres des voitures baissées en plein stationnement de centre d’achat, les ordinateurs portables laissés sans surveillance sur la table d’un café pendant plusieurs dizaines de minutes, les vélos déposés simplement sur le côté d’un commerce. Ici, « faire du pouce » est d’usage courant par on dirait tout le monde, un moyen de se rendre à son lieu de travail sans crainte d’arriver en retard, la moyenne d’attente est apparemment de 2 minutes maximum pendant le jour. Un paradis parfait pour l’alternatif? Le seul bémol est de l’ordre pécunier: tout est extraordinairement dispendieux.

gang-saltspring

Sur la ferme, nous partageons presque tous les moments avec nos amis Andrew et Chaylene ainsi qu’une autre gentille wwoofeuse britannique du nom de Hannah. Ensemble, nous avons passé de très beaux moments depuis notre arrivée mardi dernier, ce relent de sociabilité nous fait le plus grand bien après notre dernière étape difficile sur l’île de Galiano (voir article précédent). Dès notre arrivée, plusieurs opportunités se sont offertes à nous, des rencontres se révélant savoureuses et pouvant porter fruits se sont montré le bout du nez… Parmi les belles personnes dont nous avons fait connaissance, Luba, lumineuse créatrice de gourmandises vivantes rencontrée au marché local du samedi et avec qui nous risquons de rester en contact pour l’organisation d’un potluck cru avec la communauté crudivore de l’île.

stellar-potluck100feet

Avant la parenthèse sur Galiano il y a eu notre dernier moment à Stellar Seed qui fut des plus spécial: Un potluck ayant comme thème « ingrédients provenant de moins de 100 pieds du lieu de préparation du plat cuisiné ». En effet, consommer localement avec « The One Hundred Mile Diet » devenant de plus en plus populaire un peu partout en Amérique, nos hôtes ont trouvé intéressant d’organiser un événement avec une distance encore plus courte de 30 mètres environ, se voyant donc pratiquement s’arrêter aux limites des jardins ou fermes des participants. Ainsi, des tablées de salades diverses, bouchées aux herbes, tartes salées, viandes préparées, maïs sucré, pains frais, cidre maison, bières, fruits et dessert, furent avalées avec entrain par une cinquantaine de personnes venues des fermes bio voisines. J’y avais bien sûr préparé quelque chose de cru, une recette que j’avais anticipé plusieurs jours à l’avance et qui fut élaborée presqu’à 100% avec des ingrédients du jardin adjacent à notre chambre:

kimchi

KIMCHI ou LACTO-FERMENTATIONS ÉPICÉES

La fermentation lactique (pourtant possible sans lait!) est un procédé naturel par lequel des bactéries amies, de l’ordre des probiotiques, transforment les glucides de certains légumes en acide lactique, leur permettant ainsi une meilleure assimilation de leurs éléments par notre système digestif et une conservation accrue. Comme pour le yaourt ou le kéfir, ces aliments deviennent des alliés de choix pour notre flore intestinale. La choucroute est le meilleur exemple de ce type de fermentation. Cette version inspirée du Kimchi, célèbre lacto-fermentation coréenne, demande de 4 à 6 jours aux bactéries lactiques pour fermenter les ingrédients ci-bas, le miso non-pasteurisé servant de culture active de départ:

Matériel:

-un grand bocal à cornichon d’un gallon (ou si plus petit bocal, couper les quantités de la recette pour obtenir les bonnes proportions);

-un plus petit bocal (ou un verre) rempli d’eau pure possédant un diamètre légèrement inférieur au goulot du grand bocal;

-un pile-patate;

-un grand bol ou bac, couteau, planche à couper

-un tissu propre ou coton à fromage

-Une pièce tempérée entre 20C et 25C

Ingrédients:

2 choux verts moyens coupés assez finement (garder entière au moins une grande feuille extérieure de l’un d’eux, conserver de côté)

6 carottes râpées ou en rondelles très minces

2 oignons tranchés finement

2 poivrons jaunes, oranges et/ou rouges coupés en lamelles

6-8 gousses d’ail broyées

3-4″ de gingembre frais émincé finement

2 cuil. à thé de miso non-pasteurisé

3 cuil. à soupe de sel de mer

2-3 pincées de chacune des épices suivantes:  graines de carvi, de coriandre, de moutarde, poivre noir en grains, cayenne


–> Dans un grand bol ou un bac, mélanger tous les ingrédients. Avec des mains propres, masser les légumes vigoureusement pendant le brassage. Laisser reposer une quinzaine de minute puis brasser quelque peu à nouveau. Commencer à remplir le grand bocal du mélange en tassant fermement le tout à l’aide du pile-patate à chaque 3″ environ. Le jus des légumes devrait commencer à monter au fur et à mesure du tassage. Arrivé jusqu’au début des « épaules » du bocal, -lorsqu’on les presse,- les légumes devraient être complètement sous le niveau du liquide extrait par le tassage. Placer la grande feuille extérieure de chou que l’on avait réservée sur le mélange, à l’intérieur du bocal, afin de former un genre de couvercle touchant les légumes. Mettre ensuite le plus petit bocal (ou verre) rempli d’eau dans le goulot du grand bocal, afin de créer un poids servant à conserver en tout temps le mélange et sa feuille de chou sous le niveau du liquide. Dans une pièce tempérée (20-25C), recouvrir le tout d’un tissu propre ou d’un coton fromage afin de s’assurer qu’aucune bestiole n’ira s’y noyer ni poussière s’y déposer. Laisser fermenter tranquillement tout ce beau monde pendant 4 à 6 jours en prenant soin de ne rien déranger des bocaux ou du mélange mis à part de venir renifler quotidiennement l’évolution aromatique de la fermentation. Vous pourrez constater qu’à chaque jour, le kimchi prendra une odeur de plus en plus vinaigrée, ce qui est tout à fait normal. Une bonne ventilation du lieu pourrait être nécessaire surtout si la pièce est habitée pendant le jour (ou la nuit) et que l’odeur vous déplaise quelque peu… Après les jours écoulés, mettre le tout au réfrigérateur (en fermant le couvercle du bocal ou en transférant le tout dans des plus petits bocaux mason fermés de leurs couvercles) afin de stopper la fermentation. Consommer immédiatement ou conserver pour plusieurs mois à condition de conserver le tout au frigo en tout temps.

kimchi_jars

Une image d’un autre blogueur épris de fermentation juste pour vous montrer l’idée « du mélange sous le liquide » et « du p’tit bocal dans le grand pour faire du poids »… les élastiques ne m’ont jamais été nécessaires dans le passé mais pourquoi pas?

Publicités

La belle vie

16 juin 2009

duo-jardins-kaslo

Juste avant d’aller manger à l’unique resto indien de Nelson et de prendre un café mémorable dans ma nouvelle maison de torréfaction fétiche, l’Oso Negro, nous venions juste de déposer la charmante Kiki, notre première auto-stoppeuse du voyage, maître Reiki de 17 ans, bohémienne campeuse aux cheveux bleachés. C’est notre troisième journée de congé de la semaine.  Le trajet entre Kaslo et Nelson est d’environ 45 minutes, une distance fort acceptable pour aller se changer les idées de la vie à la ferme et venir vous écrire d’un café internet. Et, vu notre passage en ville,  notre mission sera également de faire les grandes emplettes familiales à la coopérative biologique.

véro-kayak

dan-chiens

Notre séjour à la ferme entame sa dernière semaine aujourd’hui. Nous y sommes si bien, le paysage y est si magnifique, notre intimité si préservée, les 20 heures de travail par semaine passent rapidement, mais tout le reste aussi malheureusement… Entre les sessions de désherbage, de plantations, de récoltes, de cuisine et de ménage, nous avons la chance d’aller nous balader dans la forêt d’arbres gigantesques qui borde le domaine (gare aux ours et aux cougars cependant!), de s’aventurer en kayak ou de simplement de se laisser dorer au soleil en lisant un livre inspirant. Les chiens viennent souvent veiller sur nous, que cela soit sur la berge du lac ou sur notre terrasse. J’ai appris que le Québec n’avait pas spécialement profité d’un temps exceptionnellement chaud depuis le printemps; ici, en montagne, même si les nuits sont relativement fraîches, nous frôlons les 30C en après-midi et le soleil est quotidiennement de la partie. Les pluies ne persistent rarement plus qu’une demie-heure, lorsque les nuages vaporeux et fantastiques s’agrippent aux flancs vert émeraude des sommets sauvages. Que dire de plus lorsque le temps ne fait que passer si doucement, un moment à la fois, sans la fébrilité du rêve de « toujours à avoir à faire plein d’affaires »?!? 

nuages-kaslo

Non pas selon « ce que je veux », ce voyage semble prendre une fonction « purgative »… de quoi, je n’ai toujours pas saisi complètement l’ensemble du truc, mais je ne cesse de rêver à vous tous et toutes: Nuit après nuit vous êtes là, dans mon sommeil, je ne cesse de rêver à ma famille, à mes amis proches ou même à des gens dont j’avais consciemment oublié l’existence. C’est vraiment intense, plein de symboles forts, j’ai l’impression de faire un ménage énorme, une grosse vente de garage à méninges ouverts, un lavement du bulbe reptilien! Bref, sachez-le bien très chers amis et merveilleuse parenté, je pense à vous et ne vous oublie pas du tout apparemment! À bientôt!!!

La douceur d’être posés…

8 juin 2009

dan et les montagnes + live simply

Notre chalet à la magnifique vue sur les montagnes!

Je regarde notre voiture qui est stationnée depuis presqu’une semaine maintenant. Elle est véritablement devenue une œuvre d’ « action painting », son devant est complètement recouvert des bigarrures texturées de ces mille et unes bestioles qui ont dramatiquement scellé leur destin au nôtre au fil des virages, des descentes et montées vertigineuses, des heures de routes que nous avons prises depuis notre départ. Son arrière, quant à lui, arbore le nouveau parfum du beat d’ici : Live Simply, son premier « bumper sticker », posé comme une île en pleine mer de poussière de route. Elle se repose donc enfin après tout ces kilomètres, comme nous le faisons d’ailleurs nous-mêmes, à l’ombre de notre petit chalet de bois où nous resterons pour les prochaines trois semaines.

kaslo-chalet + pic bois

Même si notre voisin immédiat, voire colocataire, est un pic bois spécialement matinal qui niche à même le mur de la chambre à coucher et qui se met à forer latéralement dès les premières lueurs du jour, le sommeil ici m’est profond et réparateur. Il faut dire que le travail physique me manquait depuis quatre ans, ça fait vraiment du bien de se coucher complètement crevé par « d’la bonne fatigue »… Mes muscles ne seront peut-être pas d’accord avec ce que j’expose ici, mais tant pis pour eux. Car le jardinage n’est pas le seul à leur remettre sur le nez leur manque de flexibilité et de tonus, je leur ai aussi fait subir une partie de soccer mémorable avec des gars du village…

lac kootenay

Le lac Kootenay vu de la plage municipale de Kaslo

Parce qu’ici, nous sommes à Kaslo, une petite ville où l’ambiance communautaire est palpable partout : des activités sociales de poterie, de yoga, des concerts de musique réalisés par des enfants faisant l’école à la maison, le « farmers’ market » du samedi où les échanges sont plus communs que les achats, des clubs de tricoteuses, etc. Nos hôtes WWOOF se fondent d’ailleurs parfaitement dans ce cadre alternatif : le Kootenay Lodge & Farm est vraiment un endroit accueillant tant par ses résidents que par le lieu comme tel… Juste au bord du lac Kootenay aux flancs escarpés et sauvages, les prés verts et fleuris du domaine contrastent avec les pics montagneux « magnificient » d’en face où la neige continue de tomber certains jours pendant que nous désherbons les rangs d’ail à la sueur de notre front. La vie passe paisiblement. Les chiens, les moutons, les poules, les gens, tout ce qui respire en cet endroit est cool. Ici, rien de stressant, même pas de moustiques pour nous énerver, que du temps et de l’espace pour être en contact avec notre nature profonde et celle qui nous entoure. David et Janet sont d’ailleurs tournés eux aussi vers la spiritualité, des échanges précieux parsèment nos journées en leur présence. L’autre soir, pendant que les coyotes riaient au loin, nous avons pris part à un rituel nocturne amérindien au bord du feu qui nous a donné à tous les deux des rêves inspirants à saveur shamaniques… Et parlant de saveurs, la nourriture ici ne nous dépayse pas du tout : kombucha, germinations, herbe de blé, lacto-fermentations, grosses salades ornées de fleurs délicieuses… pas tout cru mais presque, simplement parce que leurs filles, au nombre de trois, apprécient fortement les patates ! Ça fait qu’un peu de cuit végé voisine dans nos assiettes colorées les hâtives laitues et roquette du jardin, plantes sauvages comestibles et herbes aromatiques, pousses, marinades, fruits du verger et autres produits locaux échangés en ville avec les autres fermiers du coin.

jardins et cerisiers

Vue d’un des jardins et du verger de cerisiers

J’ai en prime avec tout ça beaucoup de moments privilégiés, beaucoup plus qu’à Montréal, pour me faire des dégustations de thé avec, en plus, par le recul dû à la distance avec le Camellia, une innocence et une curiosité bienfaitrice valant bien toutes les connaissances de dégustateur acquises pendant les dernières années. Pareil pour le jardinage, car si j’en avais mis temporairement les données mentales au rencart pendant mon séjour citadin, je retrouve aujourd’hui avec joie et spontanéité les plaisirs de me salir les genoux de compost humide, « d’avoir le d’ssous des ongles toutte’noirs » ou encore d’avoir les bons réflexes de planter « ça à côté de d’ça parce que ça va l’aider en y faisant de l’ombre » ou « pour faire piège à odeur pour les bibittes ». La nature et le travail extérieur me fait le plus grand bien. Je me suis enfin retrouvé. Ça faisait longtemps, trop longtemps. 

duo-kaslo5.1

Daniel retrouvant ses instincts de crudivore… clin d’oeil en hommage à Viktoras Kulvinskas!


La terre promise

31 mai 2009

Aujourd’hui pas de photos, nos appareils sont malheureusement vidés de leur jus de sodium-nickel machin et ne peuvent donc pas déverser leurs pixels dans nos portables… ça viendra, c’est promis… Le défi est alors encore plus important, vous faire voir avec les mots tout ce que nous avons vu depuis trois jours, c’est à dire presque le paradis sur terre. Notre arrivée aux Rocheuses a été célébrée en grandes pompes: le Soleil éclairait si bien chaque roseau, chaque aiguille de pin, les cumulus étaient gonflés d’amour duveteux immaculé, la neige des hautes cimes réfléchissait toute son ardeur lumineuse sur les lacs d’un turquoise profond, les oiseaux splendides -mais inconnus pour les yeux d’un gars comme moi ayant uniquement grandi avec le guide des « Birds of Eastern America »- pépiaient tout près de nous leurs charmants mouvements courtisants. Seuls les ours n’étaient pas au rendez-vous, ce qui n’était pas plus mal, je l’accorde à l’Univers. Car ici, c’est écrit partout, c’est leur territoire, et ils ne sont apparemment ni des peluches ni des mascottes. 

La suite à Calgary fût brève. Après s’être vus frappés de plein fouet par des prix exorbitants en matière de légumes et fruits frais, nous nous sommes repliés dans les retranchements de notre voiture avec la nourriture suffisante pour deux jours entiers (crue bien entendu!), et sommes partis nous reposer dans un camping des Foothills… Deux jours à rien foutre, juste se reposer. Au bord d’une rivière fougueuse d’un glacial mémorable (on s’y est lavé tout de même!), nous nous sommes enfin reposés. Juste de ne pas bouger, de laisser la voiture là, de ne pas monter et démonter la tente, ça fait du bien au corps et à l’esprit. La vue des montagnes était superbe, ces pics enneigés qui semblent si inhospitaliés pendant que nous, bien au chaud dans les petites collines, nous nous prenions un de ces coups de soleil! Ouch! Cette pause du côté albertain nous a donc fait un bien immense, juste assez pour partir ce matin pour la Colombie-Britannique, c’est à dire franchir ce rideau de pierres, de glace et de sapins, pour enfin trouver de l’autre côté notre terre d’asile estivale.

Et là, ce qui m’est arrivé, ce n’est pas rien, pas banal. Je laisserai à Véronique le soin de vous partager ses impressions si elle le désire dans un de ses articles, car ceci est bien trop personnel: Vous savez lorsque l’on tombe en amour? On voit la personne pour la première fois, on la trouve jolie mais ce n’est pas ça qui nous enflamme, c’est quelque chose de plus, quelque chose derrière, de plus profond, une impression inébranlable que quelque chose de grand et d’irréversible vient de se produire dans notre coeur… on ne sait pas pour l’autre, si il ou elle vit la même chose, mais on sait pour soi que ce qui brûle, là, en-dedans, c’est l’amour. Bien, moi, c’est ce qui m’est arrivé tout à l’heure. Soudainement, dans le passage d’un col, une énergie chaude et paisible m’est tombée dessus. Je me croyais encore en Alberta, en approche du passage de la frontière provinciale, mais non, c’était fait, j’avais loupé le panneau, on venait de traverser sans que je le saches… C’est fou ces affaires là. Les énergies qui diffèrent d’une place à une autre. L’Alberta avait une énergie un peu suffisante, présomptueuse, crispée mais penaude aussi. Bien, en tout cas, je l’ai sentie tout de suite cette « vibe du BC »! Ce « cool » m’a été des plus contagieux parce que j’ai tout de suite senti mes veines se dilater, mes muscles se décontracter. Des montagnes et des montagnes plus tard, toujours aussi vertes de leurs Pins de Douglas et de leur neige d’étoile filante, de flancs escarpés en vallées luxuriantes, mon coeur n’a cessé de se remplir d’émerveillement et d’amour (et là là, ce n’est pas qu’on en ait pas vécu d’affaires avant dans ce voyage, on est sensibles Véro et moi, on a tellement de fun ensemble, notre communication est merveilleuse, on partage nos impressions sans cesse, on en a senti des vagues de toutes sortes au fil des kilomètres…), de par les rivières de montagnes impétueuses, des sources et chutes jaillissant du roc à chaque falaise, et ce Soleil bénit, toujours aussi éclatant, à la lumière si chaude et claire… Ce, jusqu’à ce qu’on arrive à la Mecque du hippie, le « coup de grâce » au vrai sens du terme, la charmante ville de Nelson, nichée dans sa vallée, Nelson la ville qui sent bon. Grenouille l’aurait beaucoup aimé, j’en suis certain. Les lilas, maronniers, philadelphus, cerisiers et bien d’autres sont en pleine fleur, ils embaument intensément les rues bordées de coquettes maisons colorées. C’est une petite ville en étage, comme j’en ai vu en Europe, avec des passages reliant les différents plateaux des différents quartiers. Le dernier lot du camping municipal était pour nous, il nous attendait vaillamment avec comme sourire sa pelouse toute verte et moelleuse, comme baiser sa douche chaude délicieuse et comme belle surprise, afin que je puisse me rapprocher de vous, êtres chers, l’internet sans fil haute vitesse! À bientôt!