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Bronzage, pieds sales et croquettes aux noix

18 juillet 2009

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Par où commencer tant il y a de choses à dire? Tant de micro-détails se sont manifestés depuis mon dernier billet! « Keep it simple », me dis-je… D’abord, il y a eu des sessions intenses de désherbage et de récoltes. Il y a eu , y a encore maintenant et y aura apparemment pour les jours à venir, ce Soleil, intense, brûlant, cuisant nos chairs à longueur de journée dans les rangs de légumes (pas de pluie ici et des 35C à l’ombre toute la dernière semaine), ce plaisir retrouvé de marcher pied nu sur la terre grasse, de suer, d’avoir les cheveux gras et de s’en foutre… de devenir un « Dirty Organic Farmer » comme ils disent ici! Mes muscles se tonifient enfin, je retrouve des allures de mes années pré-citadines, ça fait du bien de se sentir homme à nouveau. Côté bouffe, la grande ouverture de nos hôtes, Patrick et Colleen, envers l’alimentation vivante fait que nous mangeons beaucoup mieux, cru et frais du moins. En fait, presque tout vient du jardin (même la bière – la microbrasserie bio Crannog Ales étant située à même la propriété -!) mis à part des fromages et pains produits localement. Nous nous pratiquons beaucoup à « crusiner », si ils n’étaient pas eux-mêmes des « Poor Organic Farmers », ils ne cessent de dire qu’ils nous embaucheraient assurément juste pour faire la popotte tant ils aiment ce que nous leur concoctons au fil des jours. D’ailleurs, plusieurs nouvelles recettes et projets sont nés au cours des derniers jours (voir recettes plus bas). Nous nous promettons de vous partager tout cela dans nos articles à venir.

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Laitue s’apprêtant à fleurir (à gauche)/ pavots, brocolis, poireaux pour semences (à droite)

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Patrick et Colleen devant une tablée de nos créations vivantes

Si le corps va donc beaucoup mieux, il en est de même pour mon esprit. Depuis le Vipassana, la digestion de tout ça s’est avéré fructueuse. Le silence et l’espace dans ma tête fait du bien. Le coeur s’ouvre chaque jour toujours encore plus, la respiration devient plus profonde. Je trouve que la nature aide beaucoup pour ça. Je redécouvre également avec beaucoup de joie et de gratitude les enseignements d’Eckhart Tolle, un rappel à l’acceptation inconditionnelle de l’instant qui se présente à chaque seconde. Sans résistance, la Vie s’occupe de tout, il ne reste qu’à se laisser porter en observant ce film qu’est l’existence et que l’on prend trop souvent sérieusement. Peut-être penserez-vous qu’il est plus facile d’embrasser « ce qui est » lorsque l’on est en vacances? Oui mais non. Grosses ou petites, des tensions intérieures, y’en a incessamment où que l’on soit, je peux vous l’assurer!

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La récolte de l’ail et son séchage

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Véronique récoltant le basilic pour le marché fermier du lendemain

Après des sessions intenses de désherbage, la récolte de milliers de bulbes d’ail a tiré tout notre jus au cours des derniers jours. Stellar Seeds produit annuellement plus de 20 différentes variétés d’ail biologique avec des noms tels que Georgian Fire, Joe’s Artichoke ou Russian Red pour le marché fermier local et pour les deux « Garlic Festivals » prenant place annuellement en Colombie-Britannique. En plus des dizaines de variétés de légumes et petits fruits que nos hôtes vendent également au « Farmers Market » du samedi matin, Patrick et Colleen cultivent avec, je trouve, une grande humilité et expertise, environ 200 variétés de semences biologiques. En constatant par moi-même à quel point ils prennent soin de leurs cultures et la sélection minutieuse de leurs plants-mères, je conseille véritablement à tout jardinier de se procurer ses futures semences de jardin via leur site web. À voir aussi comment ils ont commencé de rien et comment leur entreprise grandit, ils nous donnent l’envie et le courage de continuer à nourrir les projets qui nous attendent de retour chez-nous. Parlant de ça, voici donc une de mes dernières improvisations:

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Croquettes de noix et légumes du jardin (donne environ 8 escalopes)

2 tasses de noix de grenobles grossièrement hâchées

1/2 tasse de graines de lin moulues

1/2 tasse de tomates séchées préalablement trempées puis coupées

1 poivron rouge, jaune ou orange coupé en petits dés

1 carotte râpée

1 oignon vert (échalotte) hâché

4 brins de persil hachés

2 gousses d’ail broyées

2 cuil. à soupe d’huile d’olive

2 cuil. à soupe de sauce Bragg ou sauce tamari

1 cuil. à thé de graine de coriandre moulue

1 pincée de poivre , de piment de cayenne et de sarriette

un peu d’eau pure (au besoin) pour l’obtention d’une texture collante pas trop liquide

–> Mélanger d’abord tous les ingrédients sauf l’eau que l’on ajoutera graduellement en dernier pour obtenir la consistance collante et pas trop liquide. Façonner des boulettes de la forme désirée avec les mains (propres! :). Passer à l’étape suivante en les roulant dans la panure:

Gomashio vivant

1/4 de tasse de sésame décortiqué (blanc) moulu grossièrement

1/2 cuil. à thé de sel de mer

quelques gouttes d’huile de sésame rôti (j’le sais, c’est pas cru…)

–> Bien mélanger et that’s it!

Déshydrater les croquettes pendant une dizaine d’heures à 105F en les tournant de bord à mi-course (pas de feuilles teflex nécessaires normalement si la texture est assez ferme). Avant de les savourer nature, vous pouvez céder à la tentation de les napper de cette sauce également sortie de mon imagination:

Coulis rafraîchissant au citron, au basilic et à l’ail

3 feuilles de bette à carde

2 tasses de feuilles de basilic fraîches

1 cuil. à soupe de beurre de cajou ou de macadame

4 cuil. à soupe d’huile d’olive

3 cuil. à soupe de jus de citron

4 gousses d’ail

sel et poivre (au goût)

–> Passer tous les ingrédients au mélangeur jusqu’à leur réduction en purée crémeuse.

Ce qui est merveilleux avec le cru c’est que, même par une journée ultra-chaude comme celles que nous avons connues, tout est rafraîchissant, même ce qui est plus consistant. Accompagnées d’une salade de roquette, ces croquettes furent un véritable régal. Bon appétit et à bientôt!!!

La douceur d’être posés…

8 juin 2009

dan et les montagnes + live simply

Notre chalet à la magnifique vue sur les montagnes!

Je regarde notre voiture qui est stationnée depuis presqu’une semaine maintenant. Elle est véritablement devenue une œuvre d’ « action painting », son devant est complètement recouvert des bigarrures texturées de ces mille et unes bestioles qui ont dramatiquement scellé leur destin au nôtre au fil des virages, des descentes et montées vertigineuses, des heures de routes que nous avons prises depuis notre départ. Son arrière, quant à lui, arbore le nouveau parfum du beat d’ici : Live Simply, son premier « bumper sticker », posé comme une île en pleine mer de poussière de route. Elle se repose donc enfin après tout ces kilomètres, comme nous le faisons d’ailleurs nous-mêmes, à l’ombre de notre petit chalet de bois où nous resterons pour les prochaines trois semaines.

kaslo-chalet + pic bois

Même si notre voisin immédiat, voire colocataire, est un pic bois spécialement matinal qui niche à même le mur de la chambre à coucher et qui se met à forer latéralement dès les premières lueurs du jour, le sommeil ici m’est profond et réparateur. Il faut dire que le travail physique me manquait depuis quatre ans, ça fait vraiment du bien de se coucher complètement crevé par « d’la bonne fatigue »… Mes muscles ne seront peut-être pas d’accord avec ce que j’expose ici, mais tant pis pour eux. Car le jardinage n’est pas le seul à leur remettre sur le nez leur manque de flexibilité et de tonus, je leur ai aussi fait subir une partie de soccer mémorable avec des gars du village…

lac kootenay

Le lac Kootenay vu de la plage municipale de Kaslo

Parce qu’ici, nous sommes à Kaslo, une petite ville où l’ambiance communautaire est palpable partout : des activités sociales de poterie, de yoga, des concerts de musique réalisés par des enfants faisant l’école à la maison, le « farmers’ market » du samedi où les échanges sont plus communs que les achats, des clubs de tricoteuses, etc. Nos hôtes WWOOF se fondent d’ailleurs parfaitement dans ce cadre alternatif : le Kootenay Lodge & Farm est vraiment un endroit accueillant tant par ses résidents que par le lieu comme tel… Juste au bord du lac Kootenay aux flancs escarpés et sauvages, les prés verts et fleuris du domaine contrastent avec les pics montagneux « magnificient » d’en face où la neige continue de tomber certains jours pendant que nous désherbons les rangs d’ail à la sueur de notre front. La vie passe paisiblement. Les chiens, les moutons, les poules, les gens, tout ce qui respire en cet endroit est cool. Ici, rien de stressant, même pas de moustiques pour nous énerver, que du temps et de l’espace pour être en contact avec notre nature profonde et celle qui nous entoure. David et Janet sont d’ailleurs tournés eux aussi vers la spiritualité, des échanges précieux parsèment nos journées en leur présence. L’autre soir, pendant que les coyotes riaient au loin, nous avons pris part à un rituel nocturne amérindien au bord du feu qui nous a donné à tous les deux des rêves inspirants à saveur shamaniques… Et parlant de saveurs, la nourriture ici ne nous dépayse pas du tout : kombucha, germinations, herbe de blé, lacto-fermentations, grosses salades ornées de fleurs délicieuses… pas tout cru mais presque, simplement parce que leurs filles, au nombre de trois, apprécient fortement les patates ! Ça fait qu’un peu de cuit végé voisine dans nos assiettes colorées les hâtives laitues et roquette du jardin, plantes sauvages comestibles et herbes aromatiques, pousses, marinades, fruits du verger et autres produits locaux échangés en ville avec les autres fermiers du coin.

jardins et cerisiers

Vue d’un des jardins et du verger de cerisiers

J’ai en prime avec tout ça beaucoup de moments privilégiés, beaucoup plus qu’à Montréal, pour me faire des dégustations de thé avec, en plus, par le recul dû à la distance avec le Camellia, une innocence et une curiosité bienfaitrice valant bien toutes les connaissances de dégustateur acquises pendant les dernières années. Pareil pour le jardinage, car si j’en avais mis temporairement les données mentales au rencart pendant mon séjour citadin, je retrouve aujourd’hui avec joie et spontanéité les plaisirs de me salir les genoux de compost humide, « d’avoir le d’ssous des ongles toutte’noirs » ou encore d’avoir les bons réflexes de planter « ça à côté de d’ça parce que ça va l’aider en y faisant de l’ombre » ou « pour faire piège à odeur pour les bibittes ». La nature et le travail extérieur me fait le plus grand bien. Je me suis enfin retrouvé. Ça faisait longtemps, trop longtemps. 

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Daniel retrouvant ses instincts de crudivore… clin d’oeil en hommage à Viktoras Kulvinskas!