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Petite retraite sur l’île de Galiano et Canellonis crus

6 août 2009

Pendant UUUUNE SEMAINE vous n’avez pas eu de nos nouvelles, aye aye aye! Quelles mésaventures a-t-il bien pu nous arriver!? Hé bien, imaginez-vous donc qu’il ne s’est rien passé de bien spécial. Au contraire, la région que nous visitions étant d’un calme plat, il nous a fallu un peu plus de temps pour collecter de quoi faire un article!

Fraser Valley

Dimanche dernier nous avons quitté nos  nouveaux amis et bien aimé foyer à Stellar Seeds pour reprendre la route vers les îles du Golfe. Heureux de retrouver la fébrilité de l’aventure, tristounets de quitter des gens avec qui nous avons développer de merveilleux liens, un paysage magnifique nous attendait dans la vallée Fraser. La route nous a pris un peu moins de 7h. Une fois dans les alentours de Vancouver, nous en avons profité pour visiter une amie rencontrée au Kootenay Lodge and Farm et partager avec elle les derniers vestiges crus que nous transportions du jardin de Stellar Seed. C’est là que nous avons fait la découverte de ce qui sera l’UNIQUE dérrogation à la vocation alimentaire de ce fraser Valleysite, la meilleure crème glacée jamais goutée!! Non seulement elle n’est pas crue mais elle n’est pas non plus italienne et ne contient pas de lait! C’est une crème glacée fait à partir de crème de coco, offert par la marque So Delicious. On peut l’acheter en petit contenant seulement et ne croyez surtout pas que vous en aurez pour plus d’une consommation. À deux, nous avons mis 15 minutes à tout consommer (la température menacant de tout faire fondre plaide pour notre manque de tempérance).

De là, nous avons pris le ferry pour nous rendre sur l’île de Galiano, où nous attendaient nos prochains hôtes, Diana et Richard. Quel contraste avec les dernières semaines….un couple plus agé, une petite maison (un petit chalet rallongé d’une partie en paille et terre) sur une colline perdue dans les grands arbres et les chevreuils, un jardin pour leur consommation personnelle, une petite serre et quelques poules. L`île étant isolée, l’eau est limitée et il en coute 7$ pour faire rammasser un sac de poubelles. Les premiers jours nous ont été un peu difficiles. Il y a une manière de faire maximiser toutes les ressources et la nourriture nous semblait rationnée. Mais rapidement nos hôtes se sont laissés apprivoiser par nos suggestions crues et ont fini par nous demander de cuisiner le plus possible avant notre départ. Voici une des recettes qui les a enchantés :

crunellonnis

CRUNELLONIS

Les « pâtes »:

Un gros zucchini

4 c à s de vinaigre de cidre de pomme

2 pincée de sel

–>Trancher le zucchini sur le long en minces tranches. Bagnigeonner les tranches de vinaigre et soupoudrer de sel. Laisser dégorger 1h ou plus, jusqu’à ce que les tranches soit assez souples pour être roulées

Rapido Pesto:

1 tasse de basilic frais

3-4 gousses d’ail

2 cuillères à soupe d’huile d’olive

1/3 t de tomates séchées trempées

–>Placer tous les ingrédients dans le robot culinaire et réduire en purée

Fromage de noix

¾ t noix de macadame

1/3 t graines de chanvre

2 c à soupe de jus de citron

2 c à thé de miso cru (riz brun)

1 c à soupe d’huile de pépins de raisin

Eau pour la consistance désirée

–>Placer tous les ingrédients dans le robot culinaire et réduire en purée. Ajouter de l’eau pour obtenir une pâte légère mais consistante. Si la purée est trop liquide, elle coulera facilement hors du crunelloni, ce qui n’est pas l’effet désiré.

Assemblage

–>Étendre un peu de pesto sur tout le long d’une tranche de zucchini. Sur une extrémité seulement, placer une c à thé de fromage de noix. Rouler la tranche et présenter comme un sushi ou couché sur le côté si votre crunelloni a tendance a se dérouler.

plage Galiano

galiano-dan-foret

Bien davantage qu’une découverte pour ses paysages, Galiano fut pour nous un deuxième Vipassanna. Reclus dans notre caravan, moins stimulés par notre environnement, nous avons été amenés à bien des réflexions : pourquoi ce voyage? Jusqu’où sommes nous prêts à aller pour voyager longtemps avec peu d’argent? pourquoi travailler pour les autres? sur le jardin des autres? qu’est-ce que l’on a vraiment envie de vivre ici et maintenant? Vivre d’abord, jouïr de la vie et se laisser porter par le courant, au fil des paysages, des belles rencontres. Puis vivre le cru, l’expérimenter à fond et dans toute sa diversité à travers l’Amérique pour nous inspirer. Est-ce que le Wwoofing nous permet encore de faire cela en ce moment? Nous commençons à en douter… C’est ainsi que nous réorientons nos flûtes et que le reste du voyage sera, si l’on tient nos résolutions, un peu différent.

Déjà après une semaine sur Galiano, nous étouffons et avons envie de goûter à cette nouvelle liberté que nous avons décidé de nous accorder. Nous prenons donc le ferry vers Saltspring Island, une île plus grosse, plus achalandée, regorgeant de surprises pour vos deux voyageurs.

un ptit coucou de nous

 »Tartelettes soleil express » et  »salade kale et framboises »

18 juillet 2009

Nous profitons de cet après-midi débordant de soleil et de chaleur pour vous en envoyer un peu, pour que vous ne pensiez pas que nous gardons tout le beau temps pour nous.

TARTELETTES SOLEIL EXPRESS

Ces petites tarlettes sont d’une simplicité déconcertante et tellement délicieuses que vous en oublierez la pluie! En tout et partout, j’ai mis 30 minutes à les confectionner et ce, tout en composant la recette.

Croûte:

– 1 t graines de lin mouluestartelettes soleil express

– 1/2 t de graines de chanvre ou noix de grenoble

– 3 c à t de cannelle

– 4 c à s de raisins secs trempés

– 2 c à s de beurre de coco

– 3 c a s de miel (non pasteurisé, non chauffé idéalement)

Mélanger le tout et séparer en 6 boulettes. Les aplatir en un cercle d’environ 2 » de diamètre et former un petit rebord pour contenir les fruits. Placer au congélateur pendant que vous préparer la suite.

Garniture:

– 3/4 t du fruits de votre choix réduit en purée (pommes, framboises, fraises, bleuets, abricots, pêches….. nous avons opté pour une version aux pommes et une aux framboises)

Optionnel, mais vous en voulez c’est sûr:

fromage de noix vanillé

– 3/4 t noix de grenoble

– 1 c à t jus de lime

– 2 c à s sirop d’agave

– 1 c à t vanille ou 1 gousse de vanille

– sel

– 2 c à s d’eau

Réduire le tout en purée dans le robot culinaire

Assemblage:

– Placer une c. à thé de fromage de noix sur chaque tartelette puis garnir généreusement de purée de fruits. Pour la version sans fromage de noix, verser simplement la purée de fruits à l’intérieur de la tartelette et déguster!!

SALADE KALE ET FRAMBOISES

Rafraîchissante et sucrée, cette entrée que Daniel a spontanément créée est presqu’un dessert! Nous nous sommes même rendus compte qu’en la laissant macérer avec les framboises pendant quelques dizaines de minutes, les parfums s’exhalant des fruits rendaient à toute la salade des notes de jujubes tout droit sortis de notre enfance… tout en faisant  »passer » les feuilles hautement chlorophyllées du kale qui nous auraient rebutées jadis!

salade kale et framboises– 6-8 feuilles de kale noir (dinosaure)

– 3/4 t  de framboises

– 1 poignée d’amandes hachées grossièrement

– 1/4 c à thé  de sel de mer

– 1 1/2 c à s de jus de citron

– 1 c à thé d’huile d’olive

– 2 c à thé de sirop d’érable

– 1/4 de pouce de gingembre frais haché très finement

– 1 c à thé de bragg ou tamari

Couper en lanières les feuilles de kale et les masser à la main avec le sel et jus de citron pendant une minute. Laisser reposer 10 minutes puis recommencer à masser une minute. Ajouter l’huile, le gingembre, la sauce bragg et le sirop d’érable, bien mélanger. Complèter avec les framboises et les amandes avant de servir!

Production de graines, pesto cru de fleurs d’ail, restriction alimentaire, alouette!!

12 juillet 2009

Stellar seedsAprès maintenant quelques jours depuis notre sortie du centre de méditation, nous sommes complêtement revenus sur le plancher des vaches (expression un peu mal adaptée à notre situation, on devrait plutôt dire le plancher des cerises, des fraises, des framboises….). Nous sommes arrivés sur la ferme qui sera notre maison pour les prochaines 2 semaines, la ferme de Stellar Seeds, spécialisée dans la production de graines de légumes bio et de fleurs (il est d’ailleurs possible de se procurer leur graines du Qc!). Quand on nous a annoncé que nous devions travailler 8 heures par jour, nous étions un peu perplexes, le double de ce que nous faisions sur l’autre ferme! Finalement, forts de nos 10 jours assis sur notre popotin, les journées passent à une vitesse phénoménale J Le travail est varié et nous sommes toujours au moins en pair pour pouvoir jaser et apprendre davantage: désherbage, transplantation de laitues, taillage de plants de tomates, cueillette de légumes varié et de fines herbes pour vente au ‘Farmers market’. Le tout est fait à relativement petite échelle mais bien structuré, comme la ferme roule depuis 8 ans maintenant…. reste que déjà mes mains se transforment en quelques membres rugueux et douleureux (en attendant d’être musclés), labourant la terre, arrachant chiendents, chardons, chénopodes, amaranth… Heureusement, il y a le lac Shushwap à 15 minutes de marche, qui est un baume pour l’extérieur comme pour l’intérieur. La température dans la région est parfaite (sans vouloir provoquer qui que ce soit) ni trop chaude, ni trop froide et avec très très peu de pluie. En fait les nuages semblent éviter la vallée, ils nous entourent souvent mais nous survolent rarement!

 du soleil plein la face

 Notre première journée de travail fut marquée par l’anniversaire de Patrick, le propriétaire de Stellar Seed. À cette occasion, un Potluck fut organisé avec plusieurs de leurs amis et fermes bio du coin. Tous autour du feu en début de soirée, nous avons déguster plein de petits délices dont cette magnifique trempette à la fleur d’ail, composé par notre hôtesse, Coleen, et adaptée ici pour le cru. Elle se mange et se présente un peu comme une guacamole mais ravit nos papilles par sa singularité.

Pesto vivant à la fleur d’ail :fleurs d'ail

1 tasse de noix de pin et/ou noix de grenoble

¼ lb de fleurs d’ail (avec la tige)

3 c.à table de jus de citron ou de lime

½ t d’huile d’olive extra vierge

sel

Dans un robot culinaire, mettre en purée les fleurs d’ail et les noix avec l’huile d’olive. Ajouter les autres ingrédients et bien mélanger.

Servir en trempette pour légumes, craquelins ou même sur des zucchinis en juliennes (comme des pâtes).

 

À la découverte de la restriction alimentaire

Un de nos petits plaisirs ici est que nous devons à tour de rôle préparer le repas et nous avons bien l’intention de leur faire découvrir un peu plus de cru pendant que nous y sommes. Oui nous aimerions en manger plus de ce cru, qui nous manque un peu alors que nous nous trouvons en période d’abondance de kale, bette-à-carde, laitue, carrottes et fruits de toutes sortes. Tout de même,  à la ferme comme au centre de méditation, la présence de cette ‘contrainte’ m’a permis d’explorer un aspect intéressant d’une l’alimentation saine et consciente : la restriction alimentaire. Ce qui m’a plu au premiers abords du cru c’est la sensation de légèreté après le repas, pas de baisse d’énergie, pas d’envie de faire la sieste, juste du bon carburant pour continuer la journée et même se sentir de mieux en mieux au cours la journée.

Durant notre cours de 10 jours, nous n’avions pas accès à beaucoup de légumes crus mais ne pouvions manger que 2 fruits et un thé après midi, au souper. Il était fortement déconseillé de manger 2 ou 3 assiettes pour compenser au déjeuner et au dîner. L’idée est de garder l’esprit clair pour la méditation mais aussi de maximiser notre métabolisme entier (assimilation des nutriments/ répartition de la dépense énergétique, regénération du corps, gestion et élimination des toxines….lorsque le corps est libre de toute tâche de digestion, il peut vaquer à une foule d’autres activités). Je me suis prêtée au jeu un peu sceptique d’abord, pour constater que ce régime me ravit! D’abord à chaque repas, il faut s’arrêter avant la satiété. Saviez vous que le message qu’envoie l’estomac au cerveau pour dire qu’il est plein prend 10 à 15 minutes pour faire la route?! Si vous mangez encore lorsque vient la satiété, il est donc déjà trop tard. À 2/3 plein, c’est parfait, dur mais parfait. Et pourquoi c’est si dur de s’arrêter? Et bien il faut se demander à ce moment pourquoi on mange! Pour nourrir le corps et lui amener ce dont il a besoin pour fonctionner? Ou plutôt parce que c’est bon et qu’on en veut encore plus? ….le réconfort que l’on trouve dans la nourriture est immense, il faut bien le reconnaître. Et si on regarde consciemment l’inconfort en nous qui nous mène à manger plus, il est déjà moins inconfortable. Et notre corps s’en trouve beaucoup mieux dans les heures qui suivent l’ingestion.

D’où vient l’idée de manger très légèrement voir pas du tout au souper? La médecine chinoise traditionelle et l’ayurvéda considère respectivement que le feu digestif de l’être humain est à son plus fort entre 6h am et 10h am et entre 10h am et 12h am. Après 6h pm, il est à son plus faible. Lui envoyer un t-bone au souper résultera en une nuit moins reposante et regénératrice pour nos cellules comme toute l’énergie sera monopolisée par la digestion. J’avais lu tout ça il y a déjà quelques temps mais d’en faire l’expérience a beaucoup plus de valeur. Ceux qui me connaissent sont au courant de ma ‘petite nature’ et de mon attachement au sommeil loooooooong, le plus long possible, 9 à 10 heures idéalement. Et bien, durant le Vipassanna, je dormais entre 3 et 6 heures par nuit. Si d’habitude je me serais transformée en loque humaine, j’étais complêtement radieuse et rafraîchie! Oui l’attitude et la transformation de mes programmations mentales y jouent un rôle mais la nourriture est, j’en suis convaincue, un élément important. J’ai remarqué très rapidement que cru ou cuit, si je mange trop ici, à la ferme, je suis beaucoup moins dynamique et légère durant la journée et ma nuit semble lourde et peu satisfaisante.

 Mais surtout ne me croyez pas sur parole et faites-en l’expérience, comme le répète souvent M. Goenka. Il n’y a rien comme l’essai pour trouver ce qui nous va le mieux à nous, après tout, nous sommes tous uniques!

la ferme

Bye bye les Kootenays!!

22 juin 2009

La fin de notre séjour au Kootenay Logde & Farm fut marquée par l’arrivée de plusieurs gens en l’occasion d’un Open House tenu par nos hôtes. Le but de l’événement est d’attirer de nouveaux habitants pour se joindre à la communauté et débuter une fois pour toute ce grand projet. Une foule d’activités ont été organisées, des plus mémorables sont le potluck, le spectacle des enfants suivi du feu de camp et la méditation avec un grrrrrros bol de cristal. Il fut intéressant de voir la diversité des personnes qui se sont présentées, connaître leur histoire dans laquelle on finit forcément par se reconnaître à un moment ou à un autre, comprendre ce qui les amène à vouloir vivre en communauté : avoir l’impression de vivre à contre-courant et en avoir marre, vouloir participer au bien-être commun, voir un sens à la vie autre que le boulot-dodo quotidien de la majorité et vouloir l’expérimenter au-delà des mots, ne plus vouloir être pris en charge, ne plus croire que ceux qui dirigent la barque veulent notre plus grand bien et donc croire en la nécessité de l’auto-suffisance et d’un mode de vie durable à tout les niveaux, vouloir participer activement voir prendre en charge l’éducation des enfants. Toutes ces idées sont marginales oui…. mais je m’étonne à constater qu’elles commencent à faire du sens en moi…

Tout juste avant l’ouverture du Open House, Daniel et moi avons visionné le documentaire ‘The Futur of Food’, une analyse et critique de l’industrie agro-alimentaire en Amérique et des aliments génétiquement modifiés, que sont-ils au juste, qui les fabrique et pourquoi? Étonnamment troublant, même pour Daniel qui en connaissait déjà pas mal sur le sujet. Saviez-vous que les OGM ne consistent pas seulement en des modifications de gènes mais que, pour modifier un gène dans un aliment, on y introduit une bactérie contenant le gène que l’on souhaite y ajouter? À une vitesse dangereuse, les OGM se répandent, au gré du vent littéralement, et les compagnies qui les possèdent taxent les agriculteurs dont la terre a reçu ces graines bien malgré eux. Un documentaire plutôt objectif et scientifique à voir selon nous, que vous soyez convaincus ou non.

Déjà après ce premier arrêt en ferme Wwoof, Daniel et moi sentons une différence en nous. Nous avons repris contact avec notre ancrage intérieur, notre ‘sol’, nos expériences, conversations et travaux quotidiens ont pris soin de le réengraisser et les graines commencent à germer. La vision de mon futur, de comment je souhaite bâtir mon environnement à notre retour au Qc, se modifie, pas dramatiquement…. encore, mais tout de même!

Après avoir fait nos adieux à la famille, nous revoici donc sur la route, pour quelques heures seulement, en direction de Merritt où nous nous poserons pour 10 jours de méditation Vipassanna. Mais avant, nous faisons un détour par le Sud pour traverser la région d’Osoyoos, le seul désert du Canada!! Nous vous en promettons quelques clichés, mais probablement pas d’ici les 2 prochaines semaines comme nous serons reclus dans le silence. En attendant, pourquoi ne pas prendre le temps de vous confectionner les petits desserts tout simples que nous avons découverts et que Daniel vous présente dans son article! J

Et le cru là-dedans?!

15 juin 2009

Ce blog est aussi censé porter sur l’alimentation vivante, pas vrai? Jusqu’à présent l’inspiration nous a davantage portés à partager notre quotidien que nos recettes pour la simple et bonne raison que le cru n’a pas été au centre de nos découvertes. La réalité de la vie en famille avec des enfants dédaignant les légumes verts a le dessus, même sur des parents convaincus! Mais voilà que, malgré la présence de plats cuits sur la table, nous faisons un retour en force vers l’alimentation vivante, après avoir constaté une baisse en vitalité et en qualité de sommeil principalement.

J’ai envie de vous partager mon grand coup de coeur, ma grande découverte. Déconcertante de simplicité, je pourrais rentrer maintenant à la maison avec seulement cette innovation en poche et pourtant j’aurais l’impression d’avoir apporté un changement important à mon assiette: la salade d’herbes sauvages, dites ‘mauvaises herbes’. Et pas besoin de vous trouver dans les Kootenays pour vous en confectionner une (c’est sûr que les platte-bandes de Mtl ne sont peut-être pas l’idéal pour cueillir des plantes qui nourriront vos cellules… mais si vous avez un petit jardin ou habiter en campagne, pas de défaite possible :)!!

À votre laitue habituelle, ajoutez ces herbes fraîchement cueillies:

salade d'herbes sauvages– feuilles de pissenlit (avant l’apparition de la fleur, elles sont moins amères)

– feuilles de plantain

– feuilles de chenopode ou chou gras

– mouron des oiseaux (ici on l’appelle chickweed parce qu’il est bon pour nous les chicks!)

– livèche

– feuilles d’oseilles

Je trouve délicieux d’y ajouter plusieurs herbes aromatiques, faisant de chaque bouchée une explosion de saveurs différentes:

– lavande

– origan

– sauge

– menthe

– mélisse

– aneth

Puis des fleurs comestibles:

– bourgeons de marguerite

– fleurs de trèfles (bien lavées comme les petits insectes en rafolent aussi…)

– pensées

– fleurs de prunier

– fleur d’ancolies

– pétales de rose

À tout cela, j’ajoute une vinaigrette très légère puisque le tout est déjà bien goûteux: un peu de jus de citron, de vinaigre de cidre de pomme, de poire, de prune ou de cerise et de l’huile d’olive.  Daniel, lui, y va de sa classique vinaigrette tahini, miel, vinaigre umeboshii, huile d’olive et une touche de moutarde. En frais de salade, vous n’avez jamais goûté quelque chose de pareil!

N’ayant pas accès à beaucoup d’autres ingrédients que ce qui se trouve dans les jardins, voici une deuxième recette toute simple mais toute aussi délicieuse:

Légumes marinésLégumes du jardin marinés:

– 2 carrottes coupées en fines rondelles

– 4 topinambours moyens coupés en fines rondelles

– un pied de brocoli en fines rondelles

– 1/4 d’oignon espagnol en fines lamelles

– une poignée de tomates séchées trempées

– une poignées de graines de citrouille trempées

– le jus d’1/2 citron

– un filet d’huile d’olive

– sel

– une gousse d’ail

mélangez tous les ingrédients et laissez mariner de quelques heures à 2 jours :)

Voilà! Je vous souhaite bonne appétit et vous promets d’autres petits plats bientôt!

La destination

9 juin 2009

Arrivée à destination :

 

Voilà, nous avons franchi la frontière! La ‘vibe’ est étonnante au BC. Tout est relax, un oiseau picosse sur la route sans se soucier du véhicule qui fonce sur lui, chaque chose en son temps quoi! Une chèvre des montagnes broute dans le fossé d’une courbe, les fesses bien exposées aux automobilistes. Un famille de chevreuils se trouve sur le bord de la route et nous regarde tel leur soap de l’après-midi. Les gens roulent tranquillement et ceux qui nous dépassent porte habituellement une immatriculation de l’Alberta. Bref, ‘y en a pas d’problème’! Daniel a assez bien décrit Nelson, notre premier arrêt, je ne vous baderai pas de ma description qui de toute façon ne serait pas très élaborée, puisque bien que j’ai trouvé la ville jolie, l’ambiance ne m’a pas frappée et peut-être même un peu déçue. Je l’ai trouvée beaucoup plus touristique que hippie, peut-être parce que nous y étions durant la fin de semaine. Kaslo m’a plu davantage, beaucoup plus petit et offrant moins d’attractions, il est charmant dans sa simplicité, son esthétisme et son atmosphère de village ouvert et alternatif : des nombreux regroupements de gens (tricot, potterie, ‘men’s group’), aux nombreux magasins d’alimentation naturelle en passant par le ‘snack-à-patates’ qui offre apparemment un choix de burger végé. 

 

Si Nelson ne m’a pas satisfait du coté du spécimen hippie, la famille qui nous reçoit présentement me comble au plus au point. Commençons par la ferme : une maison principale en bois avec une serre adjaçante à la cuisine et trois cabines, chacune divisée en deux, plus bas sur le terrain (nous habitons la moitié d’une de ces cabines). Entre la maison principale et les cabines, une plantation de beaux cerisiers desquels pendent une multitude de minuscules vers verts, qui se jonchent sur Daniel, empruntant de sa démarche méditative à chaque coup le chemin sous les branches! Partout autour de cette plantation se trouvent des jardins, cinq au total. Nous y trouvons amplement de travail, plantation, désherbages, arrosage…

 sur les rives du Lac Kootenay à la ferme

David est le patriarche du domaine. Sourire jusqu’aux oreilles, sa plus grande passion est probablement la parole. Il a constamment de quoi nous entretenir, de la spiritualité au compostage sans oublier les nombreux complots mondiaux qui font que la terre tourne comme elle tourne. Si l’on souhaite commencer à travailler tôt, il faut soit s’y prendre beaucoup plus tôt ou bien déjeuner dans notre cabine. L’idéal est probablement d’oublier l’heure et de se laisser porter par la vague, on est venu ici pour sortir de notre rythme citadin après tout! À l’heure d’un repas, il nous montre un de ses chandails, le most du hippy, le fameux chandail coloré ‘trip d’acide’ avec un gros signe de peace & love au centre. Les trois fillettes éclatent de rire et me disent qu’il ne le porte presque jamais, c’est son chandail pour les occasions spéciales. Ah bon! (Et comme il a eu un coup de foudre pour le modèle, il le possède en manches courtes ET en manches longues) Le lendemain matin, David porte son précieux chandail alors je lui demande en quelle occasion il se met sur son 36. Il me répond qu’il se rend à Creston aujourd’hui pour aller chercher du foin et que dans ce coin se trouvent plein de ‘Rednecks à l’esprit peu ouvert’! Je crois qu’il cherche la confrontation alors il me répond diplomatiquement qu’il souhaite simplement créer des opportunités d’échanges, de communication et de rapprochements avec ces gens! Ça vous donne une belle idée du personnage je crois J

 

Janet, sa conjointe, moins flamboyante et volubile est tout aussi précieuse en son genre. Shaman, danceuse, herboriste, professeur, maman à temps plus que plein (les trois fillettes font l’école à la maison), elle semble porter sur son dos la charge humaine de cette terre et nourrit sa famille, les wwoofers et les quelques amis-troubadours-âmes en peine-corps en déroute qui semblent s’arrêter fréquemment pour quelques temps à la ferme.

 vue de notre cabine

Les trois fillettes qui illuminent de leurs rires nos soupers s’entendent à merveille. En fait, elles m’ont fait prendre conscience que les êtres ici vivent dans une belle harmonie. Les trois chiens, bien que deux aient l’air d’ours polaire et qu’un descende directement du loup, sont tous de gros toutous pour les humains sans perdre leurs instincts lorqu’il s’agit de défendre le domaine des coyotes qu’on peut entendre au loin le soir ou des ours qui tournent aux alentours.

 Daniel et Body The Ram, le bélier qui branle sa queue quand on le flatte

Nos journées ici s’écoulent gaiement à la vue des cimes enneigées nous entourant et aux chants du silence et du vent, ponctué de gazouillement d’hirondelles, du bruit de moteur d’un oiseau mouche ou des cris des enfants qui résonnent au loin. Voilà la vie, me dis-je. Et ma sensation de vide reste là, ni vertigineuse ni confortable. Seulement surprenante puisque je ne m’attendais pas à la trouver sur ma route. Tout est probablement bien ainsi…

 

Je vous aime!

Semaine numéro 1, Véro rattrape son retard en compte-rendu :

7 juin 2009

Ahhh enfin les vacances, le moment tant attendu, celui pour lequel nous travaillons depuis des mois, me suis-je dis en quittant le Qc. Je redoutais un peu la route, ayant l’impression que nous arriverions à destination complêtement lassés et courbaturés. Pourtant, le tout s’est fait plutôt naturellement.

 

J’ai quitté l’Outaouais un peu plus fatiguée que je ne l’aurais voulu, les cheveux un peu plus gras que je ne l’aurais voulu (à cause de l‘eau dure avec laquelle je me lavais) et l’auto définitivement plus chargée que ce que nous avions imaginé. Nous avions de la nourriture pour satisfaire tous les ours de l’Ontario (à condition bien sûr qu’ils se soummettent aux craquelins, lentilles germées aux curry et boulettes végés déshydratés, fruits secs, algues et…. bon en dernier recours ils auraient fini par trouvé le miel non pasteurisé au fond de notre boîte de vivres). Ma conduite manuelle ne nous a pas causé trop d’ennui, l’assistant chauffeur s’est même offert le loisir de quelques siestes sur les lignes droites. Mais ne fut-il pas surpris lorsqu’un matin, la chaleur de son café tout frais se rapprochant délicieusement de ses lèvres, un mauvais jeu de pieds clotche-gaz de ma part lui aspergea joliement l’entre-jambe! ayayaye… désolée!! :D

 

Bref, bien que tout n’était pas parfait, tout était bien ainsi! Chaque contrée nous a fait un effet fort à sa manière : l’Ontario, ses forêts de pins tellement denses, ses lacs et trop nombreuses courbes, ses orignaux et ses innombrables pick-ups sur la route! des petits dépanneurs taudis près de la route et des pancartes ‘SAVE THE LORD’, belle mais étouffante et froide (je dirais même hostile, du moins c’est l’impression qu’elle m’a laissée); le Manitoba, notre renaissance (de l’air, ENFIN! On voit plus loin que quelques mêtres devant nous), du soleil, de l’air et de l’espace plein les yeux, c’est tout ce dont je me rappelle!; la Saskatchewan….. plate (en relief) mais tellement plate que s’en est beau (yéé, je peux relaxer au volant), et ça laisse plus de place au ciel! La Saskatchewan a passé vite! C’est pas supposé être long traverser les plaines?!?! Oh et on a des lacs de sel au Canada?!?! Ils en ont pas parlé quand ils faisaient leur campagne pour convaincre les Qcois de rester aux Canada, les Rocheuses, les Rocheuses oui mais les lacs de sel eux! (bon on y a passé un gros 15 minutes, juste le temps de quelques photos et d’une pause-pipi…); l’Alberta, des pompes à pétrole partout dans les champs bien sûr et des champs à perte de vue, et de grosses pancartes arborant ‘plus pour l’Alberta, moins à Ottawa’. Le paysage est magnifique en Alberta aussi, de petites collines valonneuses toutes nues de chaque coté du chemin, vraiment magnifique! Ce qui m’a le plus étonné de cette traversée c’est la gentillesse de gens. Nous avions tellement entendu d’histoires peu charmantes concernant le comportement des anglo envers les Qcois avant notre départ… mais voilà que deux ptits québécois ont franchis le territoire hostile sans anicroche et en étant même très bien reçus partout où ils allaient.

 Lac de sel

Apparition des Rocheuses

Puis sont apparues les Montagnes. Le plan est bien sûr de les traverser. Sans dormir dedans toutefois, la neige aux pieds des arbres nous a littérallement refroidis (et c’est une assez bonne raison pour ne pas avoir à mentionner qu’on a un peu peur des ours J). Elles m’ont fait un drôle d’effet ses montagnes! Majestueuses oui mais pour moi elles s’accompagnaient d’une autre saveur. À ma surprise, pas de joie… plutôt l’envie de m’arrêter et de ne pas y être déjà… Après avoir penser pendant des mois à ce voyage, à ‘nous allons au BC’, voilà que nous allions y être. Arriver à destination… c’est la première fois que ça me fait cet effet… de vide en fait! Hmmm…Nous avons donc passé deux jours aux pieds des montagnes question de prendre un coup de soleil, de se laver dans une rivière glaciale mais surtout de passer notre première journée à ne riiiiiieeeeennn foutre! Mmmmmmm délicieux!