La destination

by

Arrivée à destination :

 

Voilà, nous avons franchi la frontière! La ‘vibe’ est étonnante au BC. Tout est relax, un oiseau picosse sur la route sans se soucier du véhicule qui fonce sur lui, chaque chose en son temps quoi! Une chèvre des montagnes broute dans le fossé d’une courbe, les fesses bien exposées aux automobilistes. Un famille de chevreuils se trouve sur le bord de la route et nous regarde tel leur soap de l’après-midi. Les gens roulent tranquillement et ceux qui nous dépassent porte habituellement une immatriculation de l’Alberta. Bref, ‘y en a pas d’problème’! Daniel a assez bien décrit Nelson, notre premier arrêt, je ne vous baderai pas de ma description qui de toute façon ne serait pas très élaborée, puisque bien que j’ai trouvé la ville jolie, l’ambiance ne m’a pas frappée et peut-être même un peu déçue. Je l’ai trouvée beaucoup plus touristique que hippie, peut-être parce que nous y étions durant la fin de semaine. Kaslo m’a plu davantage, beaucoup plus petit et offrant moins d’attractions, il est charmant dans sa simplicité, son esthétisme et son atmosphère de village ouvert et alternatif : des nombreux regroupements de gens (tricot, potterie, ‘men’s group’), aux nombreux magasins d’alimentation naturelle en passant par le ‘snack-à-patates’ qui offre apparemment un choix de burger végé. 

 

Si Nelson ne m’a pas satisfait du coté du spécimen hippie, la famille qui nous reçoit présentement me comble au plus au point. Commençons par la ferme : une maison principale en bois avec une serre adjaçante à la cuisine et trois cabines, chacune divisée en deux, plus bas sur le terrain (nous habitons la moitié d’une de ces cabines). Entre la maison principale et les cabines, une plantation de beaux cerisiers desquels pendent une multitude de minuscules vers verts, qui se jonchent sur Daniel, empruntant de sa démarche méditative à chaque coup le chemin sous les branches! Partout autour de cette plantation se trouvent des jardins, cinq au total. Nous y trouvons amplement de travail, plantation, désherbages, arrosage…

 sur les rives du Lac Kootenay à la ferme

David est le patriarche du domaine. Sourire jusqu’aux oreilles, sa plus grande passion est probablement la parole. Il a constamment de quoi nous entretenir, de la spiritualité au compostage sans oublier les nombreux complots mondiaux qui font que la terre tourne comme elle tourne. Si l’on souhaite commencer à travailler tôt, il faut soit s’y prendre beaucoup plus tôt ou bien déjeuner dans notre cabine. L’idéal est probablement d’oublier l’heure et de se laisser porter par la vague, on est venu ici pour sortir de notre rythme citadin après tout! À l’heure d’un repas, il nous montre un de ses chandails, le most du hippy, le fameux chandail coloré ‘trip d’acide’ avec un gros signe de peace & love au centre. Les trois fillettes éclatent de rire et me disent qu’il ne le porte presque jamais, c’est son chandail pour les occasions spéciales. Ah bon! (Et comme il a eu un coup de foudre pour le modèle, il le possède en manches courtes ET en manches longues) Le lendemain matin, David porte son précieux chandail alors je lui demande en quelle occasion il se met sur son 36. Il me répond qu’il se rend à Creston aujourd’hui pour aller chercher du foin et que dans ce coin se trouvent plein de ‘Rednecks à l’esprit peu ouvert’! Je crois qu’il cherche la confrontation alors il me répond diplomatiquement qu’il souhaite simplement créer des opportunités d’échanges, de communication et de rapprochements avec ces gens! Ça vous donne une belle idée du personnage je crois J

 

Janet, sa conjointe, moins flamboyante et volubile est tout aussi précieuse en son genre. Shaman, danceuse, herboriste, professeur, maman à temps plus que plein (les trois fillettes font l’école à la maison), elle semble porter sur son dos la charge humaine de cette terre et nourrit sa famille, les wwoofers et les quelques amis-troubadours-âmes en peine-corps en déroute qui semblent s’arrêter fréquemment pour quelques temps à la ferme.

 vue de notre cabine

Les trois fillettes qui illuminent de leurs rires nos soupers s’entendent à merveille. En fait, elles m’ont fait prendre conscience que les êtres ici vivent dans une belle harmonie. Les trois chiens, bien que deux aient l’air d’ours polaire et qu’un descende directement du loup, sont tous de gros toutous pour les humains sans perdre leurs instincts lorqu’il s’agit de défendre le domaine des coyotes qu’on peut entendre au loin le soir ou des ours qui tournent aux alentours.

 Daniel et Body The Ram, le bélier qui branle sa queue quand on le flatte

Nos journées ici s’écoulent gaiement à la vue des cimes enneigées nous entourant et aux chants du silence et du vent, ponctué de gazouillement d’hirondelles, du bruit de moteur d’un oiseau mouche ou des cris des enfants qui résonnent au loin. Voilà la vie, me dis-je. Et ma sensation de vide reste là, ni vertigineuse ni confortable. Seulement surprenante puisque je ne m’attendais pas à la trouver sur ma route. Tout est probablement bien ainsi…

 

Je vous aime!

Publicités

Étiquettes : , , , , ,

Une Réponse to “La destination”

  1. Maryse Says:

    Que ce doit Être merveilleux d’être là bas! J’aimerais bien vivre ça aussi un jour ^^

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :