La douceur d’être posés…

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dan et les montagnes + live simply

Notre chalet à la magnifique vue sur les montagnes!

Je regarde notre voiture qui est stationnée depuis presqu’une semaine maintenant. Elle est véritablement devenue une œuvre d’ « action painting », son devant est complètement recouvert des bigarrures texturées de ces mille et unes bestioles qui ont dramatiquement scellé leur destin au nôtre au fil des virages, des descentes et montées vertigineuses, des heures de routes que nous avons prises depuis notre départ. Son arrière, quant à lui, arbore le nouveau parfum du beat d’ici : Live Simply, son premier « bumper sticker », posé comme une île en pleine mer de poussière de route. Elle se repose donc enfin après tout ces kilomètres, comme nous le faisons d’ailleurs nous-mêmes, à l’ombre de notre petit chalet de bois où nous resterons pour les prochaines trois semaines.

kaslo-chalet + pic bois

Même si notre voisin immédiat, voire colocataire, est un pic bois spécialement matinal qui niche à même le mur de la chambre à coucher et qui se met à forer latéralement dès les premières lueurs du jour, le sommeil ici m’est profond et réparateur. Il faut dire que le travail physique me manquait depuis quatre ans, ça fait vraiment du bien de se coucher complètement crevé par « d’la bonne fatigue »… Mes muscles ne seront peut-être pas d’accord avec ce que j’expose ici, mais tant pis pour eux. Car le jardinage n’est pas le seul à leur remettre sur le nez leur manque de flexibilité et de tonus, je leur ai aussi fait subir une partie de soccer mémorable avec des gars du village…

lac kootenay

Le lac Kootenay vu de la plage municipale de Kaslo

Parce qu’ici, nous sommes à Kaslo, une petite ville où l’ambiance communautaire est palpable partout : des activités sociales de poterie, de yoga, des concerts de musique réalisés par des enfants faisant l’école à la maison, le « farmers’ market » du samedi où les échanges sont plus communs que les achats, des clubs de tricoteuses, etc. Nos hôtes WWOOF se fondent d’ailleurs parfaitement dans ce cadre alternatif : le Kootenay Lodge & Farm est vraiment un endroit accueillant tant par ses résidents que par le lieu comme tel… Juste au bord du lac Kootenay aux flancs escarpés et sauvages, les prés verts et fleuris du domaine contrastent avec les pics montagneux « magnificient » d’en face où la neige continue de tomber certains jours pendant que nous désherbons les rangs d’ail à la sueur de notre front. La vie passe paisiblement. Les chiens, les moutons, les poules, les gens, tout ce qui respire en cet endroit est cool. Ici, rien de stressant, même pas de moustiques pour nous énerver, que du temps et de l’espace pour être en contact avec notre nature profonde et celle qui nous entoure. David et Janet sont d’ailleurs tournés eux aussi vers la spiritualité, des échanges précieux parsèment nos journées en leur présence. L’autre soir, pendant que les coyotes riaient au loin, nous avons pris part à un rituel nocturne amérindien au bord du feu qui nous a donné à tous les deux des rêves inspirants à saveur shamaniques… Et parlant de saveurs, la nourriture ici ne nous dépayse pas du tout : kombucha, germinations, herbe de blé, lacto-fermentations, grosses salades ornées de fleurs délicieuses… pas tout cru mais presque, simplement parce que leurs filles, au nombre de trois, apprécient fortement les patates ! Ça fait qu’un peu de cuit végé voisine dans nos assiettes colorées les hâtives laitues et roquette du jardin, plantes sauvages comestibles et herbes aromatiques, pousses, marinades, fruits du verger et autres produits locaux échangés en ville avec les autres fermiers du coin.

jardins et cerisiers

Vue d’un des jardins et du verger de cerisiers

J’ai en prime avec tout ça beaucoup de moments privilégiés, beaucoup plus qu’à Montréal, pour me faire des dégustations de thé avec, en plus, par le recul dû à la distance avec le Camellia, une innocence et une curiosité bienfaitrice valant bien toutes les connaissances de dégustateur acquises pendant les dernières années. Pareil pour le jardinage, car si j’en avais mis temporairement les données mentales au rencart pendant mon séjour citadin, je retrouve aujourd’hui avec joie et spontanéité les plaisirs de me salir les genoux de compost humide, « d’avoir le d’ssous des ongles toutte’noirs » ou encore d’avoir les bons réflexes de planter « ça à côté de d’ça parce que ça va l’aider en y faisant de l’ombre » ou « pour faire piège à odeur pour les bibittes ». La nature et le travail extérieur me fait le plus grand bien. Je me suis enfin retrouvé. Ça faisait longtemps, trop longtemps. 

duo-kaslo5.1

Daniel retrouvant ses instincts de crudivore… clin d’oeil en hommage à Viktoras Kulvinskas!


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2 Réponses to “La douceur d’être posés…”

  1. Maryse Says:

    Se retrouver c’est la plus belle chose qui soit! On ne peut pas vivre longtemps sous de fausses  »apparences ». Car la vrai nature que nous sommes revient vite au galop! Je suis heureuse pour toi Daniel!

    Namasté

    xx

  2. Katherine Says:

    La nature, la terre, l’eau, le vent, le soleil, la pluie, le gazouillis des insectes, les kwui kwui des oiseaux, etc. sont les remèdes les plus puissants et les plus instantanés qui soient, touchant directement notre Être profond, celui que nous tentons de faire jaillir de nos cellules… Ça fait du bien de voir d’autres vivre cette magnifique expérience; ça ramène à quelque chose de déjà connu… mais un peu oublié! Merci de nous ramener à l’essentiel. Katherine et Patrice xx

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