La terre promise

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Aujourd’hui pas de photos, nos appareils sont malheureusement vidés de leur jus de sodium-nickel machin et ne peuvent donc pas déverser leurs pixels dans nos portables… ça viendra, c’est promis… Le défi est alors encore plus important, vous faire voir avec les mots tout ce que nous avons vu depuis trois jours, c’est à dire presque le paradis sur terre. Notre arrivée aux Rocheuses a été célébrée en grandes pompes: le Soleil éclairait si bien chaque roseau, chaque aiguille de pin, les cumulus étaient gonflés d’amour duveteux immaculé, la neige des hautes cimes réfléchissait toute son ardeur lumineuse sur les lacs d’un turquoise profond, les oiseaux splendides -mais inconnus pour les yeux d’un gars comme moi ayant uniquement grandi avec le guide des « Birds of Eastern America »- pépiaient tout près de nous leurs charmants mouvements courtisants. Seuls les ours n’étaient pas au rendez-vous, ce qui n’était pas plus mal, je l’accorde à l’Univers. Car ici, c’est écrit partout, c’est leur territoire, et ils ne sont apparemment ni des peluches ni des mascottes. 

La suite à Calgary fût brève. Après s’être vus frappés de plein fouet par des prix exorbitants en matière de légumes et fruits frais, nous nous sommes repliés dans les retranchements de notre voiture avec la nourriture suffisante pour deux jours entiers (crue bien entendu!), et sommes partis nous reposer dans un camping des Foothills… Deux jours à rien foutre, juste se reposer. Au bord d’une rivière fougueuse d’un glacial mémorable (on s’y est lavé tout de même!), nous nous sommes enfin reposés. Juste de ne pas bouger, de laisser la voiture là, de ne pas monter et démonter la tente, ça fait du bien au corps et à l’esprit. La vue des montagnes était superbe, ces pics enneigés qui semblent si inhospitaliés pendant que nous, bien au chaud dans les petites collines, nous nous prenions un de ces coups de soleil! Ouch! Cette pause du côté albertain nous a donc fait un bien immense, juste assez pour partir ce matin pour la Colombie-Britannique, c’est à dire franchir ce rideau de pierres, de glace et de sapins, pour enfin trouver de l’autre côté notre terre d’asile estivale.

Et là, ce qui m’est arrivé, ce n’est pas rien, pas banal. Je laisserai à Véronique le soin de vous partager ses impressions si elle le désire dans un de ses articles, car ceci est bien trop personnel: Vous savez lorsque l’on tombe en amour? On voit la personne pour la première fois, on la trouve jolie mais ce n’est pas ça qui nous enflamme, c’est quelque chose de plus, quelque chose derrière, de plus profond, une impression inébranlable que quelque chose de grand et d’irréversible vient de se produire dans notre coeur… on ne sait pas pour l’autre, si il ou elle vit la même chose, mais on sait pour soi que ce qui brûle, là, en-dedans, c’est l’amour. Bien, moi, c’est ce qui m’est arrivé tout à l’heure. Soudainement, dans le passage d’un col, une énergie chaude et paisible m’est tombée dessus. Je me croyais encore en Alberta, en approche du passage de la frontière provinciale, mais non, c’était fait, j’avais loupé le panneau, on venait de traverser sans que je le saches… C’est fou ces affaires là. Les énergies qui diffèrent d’une place à une autre. L’Alberta avait une énergie un peu suffisante, présomptueuse, crispée mais penaude aussi. Bien, en tout cas, je l’ai sentie tout de suite cette « vibe du BC »! Ce « cool » m’a été des plus contagieux parce que j’ai tout de suite senti mes veines se dilater, mes muscles se décontracter. Des montagnes et des montagnes plus tard, toujours aussi vertes de leurs Pins de Douglas et de leur neige d’étoile filante, de flancs escarpés en vallées luxuriantes, mon coeur n’a cessé de se remplir d’émerveillement et d’amour (et là là, ce n’est pas qu’on en ait pas vécu d’affaires avant dans ce voyage, on est sensibles Véro et moi, on a tellement de fun ensemble, notre communication est merveilleuse, on partage nos impressions sans cesse, on en a senti des vagues de toutes sortes au fil des kilomètres…), de par les rivières de montagnes impétueuses, des sources et chutes jaillissant du roc à chaque falaise, et ce Soleil bénit, toujours aussi éclatant, à la lumière si chaude et claire… Ce, jusqu’à ce qu’on arrive à la Mecque du hippie, le « coup de grâce » au vrai sens du terme, la charmante ville de Nelson, nichée dans sa vallée, Nelson la ville qui sent bon. Grenouille l’aurait beaucoup aimé, j’en suis certain. Les lilas, maronniers, philadelphus, cerisiers et bien d’autres sont en pleine fleur, ils embaument intensément les rues bordées de coquettes maisons colorées. C’est une petite ville en étage, comme j’en ai vu en Europe, avec des passages reliant les différents plateaux des différents quartiers. Le dernier lot du camping municipal était pour nous, il nous attendait vaillamment avec comme sourire sa pelouse toute verte et moelleuse, comme baiser sa douche chaude délicieuse et comme belle surprise, afin que je puisse me rapprocher de vous, êtres chers, l’internet sans fil haute vitesse! À bientôt!

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2 Réponses to “La terre promise”

  1. Maryse Says:

    Wow! vous me donnez le goût d’y aller ! Le plus drôle c’est que j’y avais pensé l’été dernier! Quelle belle description tu fais Daniel, on croit être là avec vous!

    au plaisir de vous relire

    Namasté

  2. Vincent Brouillette Says:

    Salut Daniel!

    Sabrina chez Camellia m’a gentiment donné l’adresse de ton blog après que je lui aie demandé de tes nouvelles. Je suis ravi de te lire, juste à le faire, je pense que je ressens moi aussi l’énergie de l’ouest!

    Amusez-vous bien et pendant ce temps je déguste les nouveaux arrivages pour toi!

    Ciao

    Vincent

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